Rédigé le 28 août 2011 dans 06 Actualites de la plateforme d'echange PSST | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Par François Guéno
La recommandation sociale constitue aujourd’hui un levier d’acquisition de prospects, au même titre que le référencement sur les moteurs de recherche. A défaut de la contrôler, les e-commerçants peuvent la susciter et l’influencer, à condition de bien en connaitre les arcanes…
En septembre dernier Facebook dévoilait Timeline, une nouvelle interface de présentation des profils des utilisateurs et de leurs interactions (je vous renvoie à notre article de l’époque). Beaucoup moins grand public mais primordial pour les professionnels du web, ce changement d’interface s’est doublé d’une nouvelle version de la « grammaire » de Facebook, ces quelques lignes de code qui vous permettent de transformer n’importe quel contenu web en « objet social » utilisable sur le réseau. C’est cette grammaire, appelée Open Graph, qui permet par exemple à Facebook d’identifier sur une page produit sa photo, son nom et sa description. Si le fameux bouton « Like » fonctionne correctement sur un site e-commerce, c’est grâce à Open Graph :

Exemple d’intégration basique d’Open Graph et du bouton « Like » sur le site de la Fnac. On retrouve le nom du produit, sa photo, une courte description et l’adresse de la page.
Je vous l’ai dit, Open Graph est une grammaire. La nouvelle version dévoilée à la rentrée se distinguait en introduisant des verbes autres que les manichéens « aimer » ou « recommander » . « Ecouter », « lire », « acheter », toute action de l’internaute est maintenant déclinable pour Facebook, avec leurs compléments d’objet comme toute bonne grammaire !

Facebook a publié une courte vidéo qui réunit quelques exemples de réalisations pour l’industrie du disque, le sport ou même les sites de gourmets :
Les premières applications utilisant Timeline et la nouvelle version d’OpenGraph commencent à être dévoilées, elles ont même fait l’objet d’une conférence de presse mercredi. Parmi elles on retrouve des acteurs du e-commerce, américains essentiellement. Je vous propose de vous en présenter quelques-uns.
Le site Giantnerd, spécialisé dans les produits de plein air, a intégré trois boutons en bas à gauche de chaque fiche produit: « J’adore », « Je veux » et « Je possède ». Un compteur unique aux couleurs de Facebook rappelle que ces boutons sont liés au réseau social :

Détail des boutons d'actions
Ces publications se retrouvent ensuite dans la « Timeline » de l’internaute, c’est-à-dire sur sa page de profil :

Elle apparait également chez les « amis » Facebook de l’internaute, soit dans leur fil d’actualité, soit dans leur « ticker ». Le « ticker », que l’on pourrait traduire par « télex », correspond à un nouveau fil de brèves en haut à droite du fil d’actualité classique :

A la différence du fil d’actualité, le ticker est actualisé en temps réel, un peu comme le fil d’infos CNN. Voilà ce que donne le ticker pour Giantnerd :

Prenons un autre exemple d’intégration de boutons d’action Facebook : Payvment et son « Shopping Mall », une boutique en ligne généraliste orientée « social shopping ». Les boutons proposés en haut à droite de chaque fiche produit sont « Je le veux » et « Je le possède ». Remarquez que, contrairement à l’exemple précédent, la charte graphique s’éloigne nettement de celle de Facebook dont on ne retrouve plus trace du logo :

Un clic sur l’un de ces boutons lèvera toute ambiguïté :

Voici le message affiché dans la Timeline de l’utilisateur :

Lyst.com est un site de mode vous proposant de suivre des créateurs, des blogueurs, des stylistes… et d’acheter les vêtements qu’ils conçoivent ou commentent. Lyst a placé en haut de ses fiches produit un bouton « Lyst », tout simplement, qui permet de lister un produit et de le commenter sur Facebook :

Voici le résultat final dans Timeline :

Je vous ai montré de purs exemples e-commerce, mais les sites de recommandation ont eux aussi tout à gagner à bien intégrer Open Graph. Un site d’amateurs de vin, Snooth, a ainsi placé sur son header un bouton « Taste » qui permet de faire part à des contacts Facebook de ses dégustations, agrémentées d’un petit commentaire et d’une note:
Le header de Snooth
La fenêtre de commentaire qui permet de poster directement dans Facebook
Rappelons que l’alcool doit être consommé avec modération, même dans la Timeline :

La dernière version d’Open Graph intéresse bien évidemment des secteurs qui dépassent largement les frontières du e-commerce : presse, musique, divertissement… On retrouve ainsi parmi les acteurs du web l’ayant mis en place le Wall Street Journal, Spotify, Deezer ou encore TripAdvisor.
Autant les boutons « Share », «Like » et « Send » ne coûtent rien à implémenter (il suffit de copier-coller quelques lignes de code) autant tous ces usages d’Open Graph nécessitent le développement d’une véritable application Facebook. Quel en sera le coût ? Pour quel retour sur investissement et pour quelle pérennité ?
Le choix du verbe d’action est également très important. On le voit dans ces exemples : faut-il aimer, adorer, recommander, goûter, désirer ?
Les sites sont libres de leur choix ergonomiques et graphiques, quitte à ce que l’internaute en oublie qu’il est en train d’utiliser la plateforme Facebook. N’y a-t-il pas un risque de le perdre en ne reprenant pas les codes de la plateforme ? Comment éviter que le foisonnement de boutons sociaux rende le site illisible ?
Vous l’aurez compris, avec cette nouvelle version d’Open Graph la balle est dans le camp des développeurs, des graphistes, du marketing… Pour le meilleur comme pour le pire ce sera aux e-marchands de faire la différence, de se démarquer des réalisations de la concurrence. Désormais, avec ces outils mis à disposition par Facebook, toutes les cartes sont entre leurs mains.
Et vous, comment envisagez-vous l’intégration de Timeline et d’Open Graph sur les sites e-commerce ?
Catégories Acquisition, Analyses & tests · Tagué avec Facebook, Open Graph, Timeline
Rédigé le 22 janvier 2012 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
10 janv. 2012 -
Raphaël Berger, Directeur de clientèle Ipsos MediaCT, revient sur les faits qui ont marqué l’année digitale 2011. La disparition de Steve Jobs, le fondateur charismatique d’Apple, le rôle joué par Facebook dans les révolutions arabes, l’émergence de la 3D au cinéma ou la montée en puissance des tablettes numériques comme support de lecture… Autant d’évolutions qui devraient continuer de fortement impacter le monde et nos vies en 2012.
Il s’agit d’un évènement majeur à plusieurs titres. Tout d’abord, c’est la première fois que la mort d’un capitaine d’industrie suscite une aussi vive émotion dans le monde. Des dizaines de milliers de gens lui ont rendu un hommage digne d’une pop star. Steve Jobs est décédé en octobre 2011, soit le même mois que la sortie de l’iPod lancé 10 ans plus tôt. Tout un symbole. C’est avec ce baladeur numérique qu’il a relancé la marque Apple, moribonde à la fin des années 90. L’iPod a changé notre façon d’écouter de la musique. Mais je vois surtout deux autres changements profonds liés à l’iPod. En premier lieu, une révolution du modèle économique de la musique avec un déplacement de la valeur ajoutée, passant finalement du contenu (la musique) au contenant (l’iPod). Paradoxalement, la dématérialisation a renforcé le rôle de l’objet - le lecteur mp3 dont le prix reste important -, au détriment de l’œuvre qui ne vaut plus rien - à 10 € par mois de téléchargement légal illimité, quel est le prix d’un disque ? Au final, si on prend l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’artiste au lecteur de disque, Apple et l’iPod, c’est de la valeur déduite, pas ajoutée. Ou plus exactement, de la destruction créatrice, selon Schumpeter !
En second lieu, l’autre grande innovation est d’avoir proposé des écouteurs blancs plutôt que le noir standardisé de la concurrence. On devine ainsi que vous êtes possesseur d’un iPod sous votre veste. Cela fait penser aux fameuses semelles rouges Louboutin : à un moment donné, tout le monde sait que vous en portez ; vous n’avez pas besoin de vous en vanter. On touche là un moteur important de la consommation, qu’on retrouve désormais dans Facebook.
Pour conclure sur Steve Jobs, la question est désormais de savoir si le phénomène Apple va survivre à la mort de son créateur ? Je serais tenté de répondre « oui » même si l’on connaît la faiblesse des marques avec gourou : le jour où ce dernier disparaît, les produits ne sont plus autant fétichisés. Á suivre donc…
2011 a été une année importante concernant le rôle joué par Internet et les réseaux sociaux dans les révolutions en Egypte et en Tunisie notamment. Facebook tout particulièrement a permis aux populations de contourner la censure et le contrôle des grands moyens de communication imposés par les dirigeants de ces pays, jouant un peu le rôle de la TSF et de Radio Londres pendant la Deuxième Guerre mondiale. Facebook est devenu un réel instrument de liberté et l’on ne peut que s’en réjouir. Mais dans le même temps, il est peu à peu considéré comme une source d’information pour la communauté internationale. Là, j’aurais tendance à davantage nuancer mon enthousiasme. Il ne me parait pas sain que notre vision des évènements repose sur des témoignages individuels, non vérifiés. Je préfère me fier à des journalistes du Monde, de France 2 ou de RFI qui vérifient leurs sources, plutôt que de m’en remettre uniquement aux témoignages individuelles sur les réseaux sociaux. Nous sommes en train de passer de l’information rationnelle à quelque chose de beaucoup plus émotionnel. Avec le risque de voir se multiplier des affaires comme celle de cette blogueuse syrienne dont le profil avait été en réalité inventé ! L'agence de presse officielle du régime syrien s'est bien sûr emparée de l'affaire pour dénoncer les manipulations. On voit bien le danger qu’il y a à se fier aux seuls réseaux sociaux pour être informé. Donc, attention aux manipulations et à un possible glissement vers une sorte de « fictionnarisation » de l’information, même si celle-ci est déjà à l’œuvre depuis quelques temps. Déjà en 2007, les deux principaux candidats à la présidentielle respectaient les règles du « story telling » en se mettant en scène. Désormais les hommes politiques parlent ouvertement de « séquences » comme autant de chapitres de l’histoire de leur action. L’incarnation de l’actualité va dans ce sens.
Deux mots encore pour signaler la confirmation de l’hégémonie mondiale de Facebook (la moitié des internautes français y sont). En face, il n’y a pas grand-chose. On attend de voir ce que va devenir Google +. Pour l’instant, on ne peut dire si c’est un échec ou non mais faire du Facebook bis me semble peu intéressant. Twitter possède une spécificité mais doit confirmer son développement. Cela reste un peu un cercle de CSP+ qui « micro bloguent » entre eux, même si de plus en plus d’individus s’en servent comme followers « actifs ». Le profil du producteur de tweet a quelque chose d’endogame. Le public devrait toutefois se diversifier, les usages avec. J’attends aussi de voir la place que ces réseaux sociaux en ligne vont jouer dans l’élection présidentielle. La campagne va-t-elle être ou non sur Facebook ? Pour l’instant, il ne se passe pas grand-chose de passionnant de ce côté-là.
Le développement en 2011 des fonctions « j’aime », « j’écoute », « je lis » sur Facebook est pour moi une évolution importante de son rôle au quotidien. Jusqu’à présent, Facebook permettait surtout de rester en contacts avec ses amis, de leur montrer des photos, de publier quelques états d’âme via son statut. Désormais, on peut montrer tout ce que l’on fait, simplement et automatiquement : les titres écoutés en ligne sur Spotify sont précisés, je peux « aimer » un article du Monde, etc. C’est une avancée dans la production de distinction virtuelle. Car toute consommation comporte une forte logique de distinction. Le problème, c’est comment créer de la distinction avec des biens virtuels ? Comment impressionner mes amis par la richesse de ma discothèque si celle-ci est numérisée au sein de mon iPod ? On a commencé à le faire par le statut mais cela avait un côté un peu prétentieux. Là, avec le développement des fonctions « j’aime », « j’écoute », « je lis » sur Facebook, ça devient plus subtil. D’un point de vue conscient, c’est l’idée de partager, de dire aux autres, voilà ce que je fais et qui je suis. Mais derrière cela, plus ou moins consciemment, il y a le désir de se distinguer et c’est ce qui va faire, je pense, le succès de cette fonction. Facebook permet de recréer de la distinction et fait basculer Internet dans une nouvelle ère. Jusqu’à présent, on peut dire qu’Internet était dans la phase du « savoir » : on évoquait le réseau comme la bibliothèque ultime, permettant de mettre à disposition de tous l’ensemble des savoirs et connaissances humaines. Très logiquement, Google en était la marque symbole : un moteur de recherche permettant de retrouver les connaissances. Nous entrons maintenant dans le « faire savoir » : ce n’est pas le tout que de faire quelque chose, encore faut-il le dire à ses amis. Pour moi, cela rejoint l’idée de distinction évoquée avec le casque blanc de l’iPod. Les gens feront sans doute un peu attention parce que tout le monde n’a pas envie d’étaler tout ce qu’il fait. Mais petit à petit, tout se trouve interconnecté. Vous aimez un article sur tel ou tel sujet, vous le « likez » sur Facebook qui devient du coup un vrai apporteur de contenu.
Voilà un vrai motif d’étonnement : le rachat en 2011 par Google de la branche téléphone de Motorola. Google qui mute du coup en fabriquant de téléphones mobiles ! Personne ne s’attendait à ce qu’un géant du Net qui était à 100% acteur en ligne, passe soudain du côté de l’industrie lourde. Alors bien sûr, Motorola, c’est l’inventeur du téléphone portable. Mais on est surpris de voir une entreprise aussi innovante que Google racheter une entreprise industrielle du 20e siècle. Surtout, Google devient le concurrent de ses propres clients ! Un des succès récents de Google, c’est quand même d’avoir mis la main sur Android, le système d’exploitation pour smartphones et autres terminaux mobiles. Á partir de là, Google s'invite sur le marché des fabricants de téléphones portables et peut se retrouver en concurrence frontale avec des industriels comme Samsung, alors que les deux entreprises sont pour l’instant dans une fructueuse collaboration – Android équipant massivement les mobiles Samsung. Á l’instar de cet épisode Google-Motorola, on ne mesure pas encore bien toutes les conséquences de ce qui s’est passé en 2011 mais on est en pleine redistribution des cartes. 2012 pourrait bien signer l’empoignade générale entre géants de l’univers numérique comme Microsoft, Apple, Google ou Facebook. Il n’y a plus vraiment de chasse gardée. On suivra avec intérêt la confrontation technologique et commerciale, autant que les jeux d’alliance entre ces entreprises.
Depuis le succès d’Avatar, il y a deux ans, le cinéma 3D marque le pas. Les studios d’Hollywood mettent la pédale douce. Il faut dire qu’Avatar avait vraiment été pensé en 3D alors que d’autres films y sont passés a posteriori, sans apporter quelque chose de mieux dans la narration. Autres inconvénients de la 3D aussi bien en salle qu’à la maison : c’est plus cher et il est nécessaire de porter des lunettes adaptées qui s’avèrent gênantes. Cela étant les producteurs et les fabricants continuent de parier sur un succès à long terme du relief. Ils sont peut être dans le vrai. La 3D, c’est plus de spectacle et de sensations. Et puis si l’on se souvient du passage du noir et blanc à la couleur, il ne s’est pas fait rapidement. Les deux peuvent coexister plusieurs années. En attendant, 2011 n’a pas été le succès commercial espéré par tous pour la 3D. Ce qui n’a pas empêché notre pays d’enregistrer un record de fréquentation au cinéma jamais atteint depuis 45 ans, en attirant 215 millions de spectateurs dans les salles, d’abord grâce à des films en 2D, comme Intouchables (16,7 millions de spectateurs) ou Rien à déclarer (8,2).
Même si les derniers chiffres de l’OJD sont mitigés avec des quotidiens tels que Libération (+ 3,80%) ou comme Le Monde (+ 1,5%) qui soufflent un peu, et d’autres qui marquent le pas. Toutefois, même si les tendances sont incertaines, il ne faut pas enterrer trop vite cette presse traditionnelle car je suis persuadé qu’il y a aura toujours des supports papier, même pour les journaux. Seulement, évidemment le marché continue de se concentrer. Et le numérique est de plus en plus là. Je note d’ailleurs que la presse organise sa riposte en ligne avec le lancement du premier kiosque digital français ePresse.fr qui réunit Les Echos, l’Equipe, Le Figaro, Libération, Le Parisien/Aujourd’hui en France, L’Express, Le Point et le Nouvel Observateur. Espérons que cela marche.
Il faut aussi souligner en 2011 l’émergence des tablettes numériques qui accélère le basculement vers la presse en ligne. On entre là dans un vrai problème de répartition de la rétribution, sans oublier la question du contrôle du contenu.
La morale de cette histoire, c’est qu’on constate qu’une information de qualité, ça a un prix. Un chantre du modèle ultra libéral comme Ruppert Murdoch en personne a décidé d’en finir avec la culture de la gratuité en ligne. Plusieurs journaux de son groupe (Wall Street Journal, The Times, Sunday Times...) font désormais payer, totalement ou en partie, l'accès à leur site. D’autres grands journaux comme le New York Times (début 2011) ont emboîté le pas au magnat australien (avec succès pour le quotidien américain). Et finalement, 2011 pourrait signer une accélération vers un Internet de moins en moins gratuit. On voit d’ailleurs à quel point l’apparition des applications - et j’en reviens à Apple - a révolutionné l’Internet en faisant entrer le réseau dans une relation payante. On constate aussi que la publicité ne peut pas tout sur le Web. La gratuité a montré ses limites de contenu.
Le livre était jusqu’ici le dernier maillon de la chaîne à ne pas être numérisé. Ce temps est révolu depuis qu’Apple a sorti son iPad et surtout qu’Amazon a lancé, fin 2011, sa liseuse électronique Kindle Fire pour un rapport qualité-prix plutôt avantageux. La tablette d’Amazon a l’air de bien marcher aux USA. Je m’interroge toutefois sur son utilisation : qui est ou sera le client type ? A-t-on affaire à un marché de masse ou de niche ? L’intérêt étant d’avoir des centaines d’ouvrages accessibles immédiatement, cela devrait séduire les gros lecteurs avant tout - mais ne vont-ils pas rester fidèles au papier ? A l’opposé, peut-être les lecteurs occasionnels seront ravis d’avoir le dernier Goncourt à lire dans le métro… On verra à l’usage. Peut-être cela va-t-il relancer la lecture qui diminue en France depuis une quinzaine d’années - moins de lecteur en général et moins de gros lecteurs (plus de 20 livres par an), pour toutes les tranches d’âge.
On peut par contre être raisonnablement inquiet pour les maisons d’éditions dont l’équilibre économique est fragile. Le précédent de la musique n’autorise pas l’optimisme. Elles devraient être confrontées au piratage, c’est déjà le cas avec les BD (les mangas en particulier), mais aussi à une baisse de leurs revenus si l’on assiste à des offres « bundles » de livres. Et l’augmentation de la TVA du livre papier à 7% est par ailleurs un signal peu encourageant.
Pour le livre numérique, à l’instar de la musique, quelles seront les relations entre le contenant et le contenu ? Le talent et la création coûtent cher, la valeur était jusqu’à présent dans le contenu, l’objet livre étant peu onéreux. Nous devrions observer un rééquilibrage dans la répartition de la valeur, entre le support et le contenu.
Raphaël Berger
Directeur de Clientèle Ipsos MediaCT
raphael.berger@ipsos.com
Rédigé le 22 janvier 2012 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Je ressens une certaine perplexité en même temps que de la fascination en lisant les informations du jour sur le nouveau "bandit" d'Internet arrêté par les shérifs du droit d'auteur: Kim Schmitz, alias Dotcom, le mégalo qui dirigeait Megaupload, peut-on lire ce matin dans la presse. Allemand (c'est déjà suspect !), 38 ans, propriétaire d'une immense maison en Nouvelle-Zélande (après avoir vécu à Hong-Kong), à la tête d'une myriade de sociétés, richissime, obèse. Bizarrement, c 'est le portrait-robot de nombreux chefs de la finance, mais bon. Comme Julian Assange avec Wikileaks, il s'agit bien de criminaliser le personnage par tous les moyens (pour Assange, une accusation de viol pour le moins suspecte).
Visiblement, c'est surtout l'affolement chez les majors du disque et du cinéma, et en cette année électorale aux USA, ils ont trouvé une oreille attentive à Washington. Reste que s'il fallait faire enfermer tous ceux qui, actuellement, contreviennent sur internet au droit d'auteur, cela ferait du monde. Mais là, dit-on, c'est massif: nouveaux films téléchargeables en ligne, tout le business hollywoodien en voie d'effondrement.
C'est ce côté massif qui fait peur, et l'écroulement par ce biais d'un modèle de financement d'une frange établie du monde de la musique, du cinéma et de l'édition. Et puis que ces hackers fassent de l'argent avec leurs biens à eux, tandis que des acteurs eux-mêmes semblent faire de la pub pour ces nouveaux businessmen. L'art et l'argent, quelle lutte derrière tout cela: Balzac qui, au dix-neuvième siècle, à l'avènement de ce monde, visait à devenir riche en écrivant et imprimant ses romans et ceux des grands ancêtres, - un bandit d'Internet en puissance, je vous dis.
Mais ce qui m'intéresse dans ce qui se passe actuellement à travers Internet, c'est bien le renversement en cours. Il induit, chez certains nouveaux acteurs de l'édition numérique, des choix esthétiques et littéraires nouveaux, différents de ceux du show-business pseudo-littéraire. Il ne s'agit pas de refourguer la même marchandise pour s'enrichir au nez et à la barbe des producteurs (modèle Dotcom), mais bien de changer d'univers littéraire.
Rien d'étonnant, alors, à ce qu'on tombe sur ces textes précieux du dix-neuvième siècle. Je découvre les éditions de Londres, qui éditent (gratuitement) Reclus, Kropotkine et Bakounine (parmi beaucoup d'autres), et là se confirme à mes yeux la dimension à la fois politique et littéraire de l'édition numérique qui fait que, oui, elle participe du même bouleversement dont des acteurs majeurs (et pas toujours défendable à 100%, je précise) s'appellent Assange et Schmitz. Dans la présentation des éditions de Londres, je lis:
Avant tout, Les Editions de Londres nagent à contre-courant des idées reçues. Pourtant, Les Editions de Londres ne sont pas un saumon ; d’ailleurs elles ne sont pas de rivière, ni de la mer, mais plutôt de l’Océan. Nous aimons le débat, les idées, les différences d’opinions, les débats d’idées, en gros tout ce que la néo-morale de la société française tend à supprimer. Nous pensons qu’il n’y a jamais eu autant de décalage entre ce que la société prêche : tolérance, respect, égalité, libre expression, démocratie, justice, et ce qu’elle nous offre : politiquement correct suintant d’hypocrisie, interdiction de proférer des opinions susceptibles de créer la moindre controverse publique, contrôle total des pensées, des comportements par l’emprise d’un Etat « Matrix » et d’une société pleurnicharde et consentante, absence de démocratie, de justice.
La Bonne Nouvelle, c’est que, dans un Etat de dictature consentie, le rôle des mots, le rôle de l’écrit, et surtout des livres n’a jamais été aussi important. Pour nous inspirer, nous faire réfléchir, nous élever au dessus de notre condition pas très reluisante. Alors, Les Editions de Londres seraient-elles la pilule rouge offerte à Néo ?
La deuxième Bonne Nouvelle, c’est que l’Internet révolutionne la diffusion et l’accès à l’écrit. La Révolution numérique, c’est aussi celle des livres, et d’autres formes d’écrit. Quand on sait ce que l’invention de Gutenberg a fait pour la civilisation Occidentale, de la Renaissance aux Lumières, alors on a le droit et le devoir d’espérer. (Espoir= L’espoir)
Pourquoi les éditions de Londres ?
Londres, c’est aussi la capitale de la proscription européenne. Comme aujourd’hui pour les jeunes réfugiés politiques français, c’est la capitale des anarchistes, des communistes et de tous les révoltés européens au milieu du Dix Neuvième siècle. C’est le lieu de refuge des anarchistes français chassés par les lois scélérates de 1894…C’est le point de rencontre de tous les opprimés, de tous les résistants de l’Europe pendant la seconde guerre mondiale.
Autre maison d'édition qui répand la Bonne Nouvelle, Publie.net, et là je peux lire Blanqui, et son texte majeur, Instructions pour une prise d'armes, qui commence ainsi:
Ce programme est purement militaire et laisse entièrement de côté la question politique et sociale, dont ce n’est point ici la place : il va sans dire d’ailleurs, que la révolution doit se faire au profit du travail contre la tyrannie du capital, et reconstituer la société sur la base de la justice.
Pas de doute: Internet est l'espace et le vecteur d'une révolution à travers laquelle les structures de pouvoir établies (qu'il s'agisse de politique ou de littérature) sont secouées et seront bouleversées. Que les écrits anarchistes y refleurissent est plus qu'un symbole, c'est la nourriture naturelle dont les acteurs du Net ont besoin pour développer de nouveaux modèles. Que les super-Etats s'en effraient et lancent la charge n'a également rien d'étonnant: c'est là que se joue leur chute, et ils se serviront de tous leurs grands mots (aujourd'hui c'est droit d'auteur) et de leur flicaille juridique pour empêcher qu'on les fragilise.
Pour ce qui est de l'édition, les grands groupes ont en effet tout à craindre du numérique. Au fond ils le savent bien: d'ici deux-trois ans, plus personne n'achètera les textes du domaine public dans leurs éditions papier, et tout le monde les téléchargera gratuitement pour les lire sur des liseuses. Balzac, Hugo, Rimbaud et quantité d'autres ne feront plus partie de leurs marchandises. Une chance peut-être de vendre encore: faire des éditions numériques avec un appareil critique nouveau et novateur. Et pour la littérature contemporaine, qui aura encore envie de lire sur les torchons salissants à quoi ressembleront bientôt les livres papier à côté des tablettes numériques ? Gros éditeurs, vous pouvez pleurer en effet: votre âge d'or est fini.
Donc, évidemment, pour les potentats de l'édition, le numérique est une dangereuse anarchie, et qui le défend (ou plutôt le pratique) est un criminel associé aux Apple et Amazon. Mais cela fait partie aussi de la Bonne Nouvelle: Ecrivains, éditeurs numériques, vous êtes devenus infréquentables, ce qui est quand même mieux que de finir à l'Académie française ou chez Ruquier ! Alors surtout n'oubliez pas d'équiper vos maisons et appartements d'une chambre forte avec fermeture électronique, ça peut toujours servir !
Rédigé le 21 janvier 2012 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Les utilisateurs de Facebook, connectés sur des sites tiers, ne sont plus limités à l’action « J’aime » mais peuvent écouter, regarder, voyager, cuisiner, courir, lire, etc. Une nouvelle façon de faire découvrir leurs activités online à leurs amis, le tout en quelques clics. Facebook intègre en effet à son journal (timeline) une nouvelle génération d’applications pour partager avec ses amis des actions variées : écouter, regarder, voyager, visiter, vouloir, cuisiner… Ces nouvelles applications sont lancées avec une soixantaine de partenaires internationaux dont trois français : Appsfire, Cinemur et Wipolo.
« Avec ce lancement, nous devrions voir émerger une nouvelle génération de startups et d’applications ‘sociales’ à la fois sur le web, sur le mobile et bien évidemment sur Facebook. C’est pour nos partenaires, une opportunité extraordinaire de distribuer et de monétiser leurs applications auprès de nos 800 millions d’utilisateurs.», souligne Julien Codorniou, Directeur des Partenariats France et Benelux.
Les « applications timeline » ont été initialement présentées en septembre dernier lors du f8, la conférence phare pour les développeurs Facebook. Quelques partenaires pionniers s’étaient associés à Facebook pour proposer leurs applications, notamment dans l’univers de la musique et de la video avec Deezer et Dailymotion. Lorsque l‘utilisateur installe l‘application, il en choisit l‘audience et le niveau de partage par défaut. Par le biais de son journal d’activité, il peut ensuite modifier à tout moment chaque contenu publié via l‘application.
Les premiers retours ont montré l’engouement des utilisateurs pour ces nouvelles expériences sociales. Grâce à ces intégrations, Deezer enregistre 15 000 nouveaux utilisateurs par jour, et Dailymotion reçoit aujourd’hui plus de 140 millions de clics par mois, en provenance de Facebook.
Aujourd’hui de nouveaux partenaires se joignent à ce lancement public pour offrir de nouvelles expériences de partage aux utilisateurs Facebook, dont 3 Startups françaises.
Appsfire : Guide de découverte d'applications iPhone, iPad et Android.
« Avec son application Timeline Facebook, Appsfire va pouvoir accélérer la viralité inhérente à toute application mobile et va permettre simplement de partager en un clic ses applications iPhone ou Android favorites avec ses amis », expliquent Ouriel Ohayon et Yann Lechelle, co-fondateurs d'Appsfire.
Cinemur : Service gratuit récemment lancé qui propose une façon sociale et intelligente de préparer sa séance : l’utilisateur se voit proposer des films à l’affiche en fonction de ses goûts mais aussi des indications de ses amis.
« Le cinéma est social par définition. Lorsque nous avons lancé le service http://cinemur.fr/ , nous avons placé les amis et le partage au cœur de l'expérience utilisateur. Si bien que des actions personnalisées liées au cinéma étaient pour nous évidentes. C'est un moyen simple et efficace de partager ses goûts avec son entourage, car sans amis, le service n'est pas très intéressant. Facebook nous apporte ce réseau et cette base utilisateur qui enrichissent l'expérience comme aucune autre plateforme ne pourrait le faire aujourd'hui », explique Julien Nicault, développeur chez Cinemur.
Wipolo : Service gratuit sur web et sur mobile qui permet à tous les voyageurs d'organiser leurs voyages, de partager leurs itinéraires et de découvrir de nouvelles destinations grâce à leurs amis.
« Les applications timeline permettent à Wipolo de redéfinir le mot « social » dans le monde du voyage et d'offrir aux 800 millions d'utilisateurs de Facebook la possibilité d'une expérience sociale inédite : raconter leur histoire de voyageur », complète Thomas Girard, responsable du produit chez Wipolo.
La liste complète des partenaires est disponible ici : https://www.facebook.com/about/timeline/apps
Rédigé le 21 janvier 2012 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

En 2008, Facebook lançait le Facebook Connect, bouton grâce auquel il est possible de se connecter sur un site grâce à son profil Facebook. Suite à son succès, le réseau social a décidé d'aller plus loin pour lancer en avril 2010 son API Open Graph.
Les plugins sociaux, que les sites se sont petit à petit mis à intégrer sont apparus avec la première version de l'Open Graph. Parmi eux, le bouton "like" ou le module de commentaires, permettant aux internautes de venir commenter un contenu avec son identifiant Facebook. On retrouve également la "Like Box", pour inviter ses internautes à aimer sa page Facebook ainsi que la "Facepile", un bloc qui fait apparaître les visages des personnes de son réseau qui ont déjà cliqué sur "like".
L'Open Graph est un protocole qui permet à des sites tiers d'interagir avec les informations d'un profil Facebook et avec les relations de ce dernier. Ces informations sont appelées objets, puisque sur Facebook, les utilisateurs sont connectés à leurs relations sociales, mais également à des objets, par exemple à des pages Facebook, des articles de presse ou encore des morceaux de musiques etc.
Quelles différences y a-t-il entre Open Graph et Social Graph ? Aucune. Il s'agit en réalité d'un simple changement de nom, le nouveau (Open Graph) étant plus évocateur de l'idée de l'ouverture de ce protocole vers l'extérieur.
Rédigé le 20 janvier 2012 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé le 19 janvier 2012 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé le 19 janvier 2012 dans 03 Avant-Garde : société, politique, économie, reflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)




