La vidéo à la demande est devenue un service incontournable. Panorama de l'offre actuelle.
La vidéo à la demande (VOD, pour Video On Demand), c'est tout simplement pouvoir regarder depuis chez soi, des films et émissions à la carte. Sans attendre que les programmes soient diffusés par les chaînes classiques, c'est une sorte de vidéo-club à domicile.
L'acte contractuel est d'ailleurs proche d'une location, puisque dans
la plupart des cas, vous ne pouvez regarder le film que pendant une
période prédéfinie, généralement 24 ou 48 heures. Selon les cas, le
délai court soit à partir du moment où vous avez validé la location,
soit dès que vous avez commencé à regarder le film (ce deuxième cas est
surtout présent dans la VOD sur PC). Dans le délai imparti, vous pouvez
faire ce que vous voulez avec le film : le regarder aussi souvent que
vous le voulez, arrêter, reprendre...
Une fois le délai écoulé, vous ne pourrez plus le regarder, à moins de relancer une nouvelle location.
Il existe deux grandes familles de VOD : celle disponible depuis le web, accessible sur un ordinateur, et celle disponible sur la télévision par ADSL, et accessible sur un téléviseur connecté au décodeur TV.
La solution DivX : mi-web, mi-TV, 100% anglophone...
Il
faudrait aussi mentionner, mais pour les anglophones uniquement, la VOD
de DivX.com. Les créateurs du DivX ont mis au point une solution entre
les deux univers : un film loué et téléchargé depuis un site web, gravé
avec le logiciel DivX Player, puis lu sur une platine DVD de salon,
certifiée DivX.
L'astuce pour contrôler les droits de location : on aura préalablement entré, dans les options du logiciel DivX Player, le numéro de série de la platine, ce qui permettra de personnaliser chaque gravure avec les droits y afférant.
Pauvreté des catalogues et problématique
Dans les deux cas, un constat : la pauvreté des catalogues proposés. Des nouveautés arrivent chaque mois, certes, mais d'autres repartent aussi ! Car la VOD souffre d'un énorme handicap : l'extrême frilosité des ayant droits. Désireux de protéger le marché du DVD, tétanisés par la peur du piratage, la plupart des studios n'ont même pas prévu, dans les contrats, d'exploitation des droits en VOD.
Résultat : les négociations de reprise en VOD sont laborieuses. Et les majors ainsi que les syndicats du cinéma imposent des conditions draconiennes : interdiction de proposer des forfaits de films, obligation pour les services d'acheter un ensemble minimum de films, et respect d'une fenêtre de diffusion. C'est-à-dire qu'un film ne peut être proposé à la VOD que pendant quelques semaines.
Même la place de la VOD dans la chronologie des médias n'est pas encore bien fixée : à quel moment l'autoriser ? En même temps que la sortie ciné, que la sortie en vidéo-club, que la sortie en DVD, que la diffusion à la télé ?
Pour l'instant, les nouveautés arrivent en VOD huit mois après la sortie en salles. Le 22 janvier, une table ronde entre FAI, diffuseurs et ayant droits aura lieu pour faire avancer la question. Wait and see...
La VOD sur le web
Historiquement, c'est sur le web qu'a commencé la VOD en France, avec
le service NetCiné, ouvert en 2001, racheté par Canal+ en 2004 et
renommé Canaplay.
Car entre-temps, la VOD est devenu un véritable enjeu, et les grands
acteurs de l'audiovisuel sont entrés dans la danse : TF1 avec son TF1
Vision, M6 avec son M6 Vidéo.
D'autres, plus petits, essayent aussi de se faire une place au soleil :
Vodeo.tv, spécialisé dans les documentaires, Glowria, issu de la
location de DVD par correspondance, Cinézime, spécialisé dans les
courts métrages et les indépendants, ArteVod, France 5 vidéo, Ina.fr,
spécialisés dans les émissions culturelles ou le patrimoine télé.
Cette profusion d'acteurs, pour une relative pauvreté de titres,
nous fait regretter qu'il n'existe pas encore de moteur de recherche
commun à tous les catalogues.
Aujourd'hui, quand on cherche un titre précis, on est obligé de
fouiller longtemps dans chaque site - vivement un Google pour tous ces
distributeurs !
Concrètement, la VOD sur le web passe tout d'abord par les logiciels
adéquats : le seul mécanisme de gestion de la location et de sa durée
de vie dans le temps, adopté par tous, fonctionne sous... Windows.
Impossible de bénéficier de la VOD sous Mac - encore moins sous Linux.
La configuration typique est donc Internet Explorer 6, Windows Media Player 10, un processeur d'au moins 1 GHz, au moins 1 Go d'espace disque (au moins 5 Go pour les films en haute définition) et bien sûr une connexion haut débit.
Après inscription obligatoire, le paiement se fait par carte bancaire,
soit à l'acte, soit pour un forfait dans lequel on puisera à chaque
location.
Le visionnage du film se fait ensuite soit en flux continu (streaming),
soit après avoir téléchargé l'intégralité du film - il est souvent
possible de commencer à regarder la vidéo même si le chargement n'est
pas fini.
Attention, il est presque toujours obligatoire d'installer un logiciel de lecture spécifique au service. Les films loués ne sont généralement visibles que sur le PC qui a passé la commande ou téléchargé le fichier. Cependant, certaines boutiques proposent depuis peu de graver le film sur un DVD, compatible avec les platines de salon. Notez enfin que tous les sites indiquent comment, à l'aide d'un cordon spécial, brancher votre PC sur la TV, pour une séance plus confortable.
Grand
argentier du cinéma français, Canal+ possède le service qui présente le
plus grand nombre de films. 2000 vidéos, dont 1300 longs métrages, une
offre spéciale pour les enfants et des films X.
Les prix vont de 2 à 5 €, pour 24 ou 48 heures. Certains sont proposés
en VO sous-titrée. Les dessins animés sont à 1,50 €. Il est possible
d'acheter des films en téléchargement définitif, et même de les graver
sur un DVD, lisible sur une platine de salon. Cette gravure se fait via
le logiciel de CanalPlay, pour que le DVD gravé soit lui-même chiffré
de la même façon qu'un DVD du commerce.
Propose aussi quelques titres en haute définition.
Tout se fait en téléchargement, avec possibilité d'exporter vers un baladeur multimédia Archos.
Il est possible de choisir parmi trois formats d'image, et donc de tailles de fichier, en fonction de la vitesse de connexion.
Autre
grand titulaire des droits vidéos, TF1 propose 800 films, séries,
dessins animés, spectacles et documentaires. Ainsi que des émissions,
accessibles en différé payant (catch-up TV).
Les prix commencent à 2 €, avec possibilité de regarder le film
immédiatement, en flux continu (streaming), sans avoir à le télécharger
auparavant - mais la qualité est moins bonne et dépend de votre
connexion.
Il est aussi possible d'acheter définitivement le fichier, à partir cette fois de 10€.
Partenariat avec Creative pour exporter les films vers les baladeurs Zen Vision.
Le
service du groupe M6 propose essentiellement de voir et revoir les
classiques impérissables de sa grille télé... Turbo, le Morning Live de
Michaël Youn... Moins de 600 vidéos pour l'instant, dont beaucoup de
gratuites. Beaucoup d'émissions et de clips en accès gratuit pendant 7
jours, mais aussi quelques films, de 3 à 4,50 €, pendant 48 h.
Intéressant : le site propose un podcast vidéo, pour ramener
automatiquement sur l'ordinateur les nouveautés gratuites dès qu'elles
sont postées.
Pas d'achat définitif possible, mais le choix entre plusieurs qualités,
pour télécharger ou streamer plus vite. Installation du logiciel M6
Vidéo obligatoire.
Spécialisé
dans les documentaires, il propose 2400 émissions soit en flux continu
en deux qualités selon le débit (à partir de 1 €), soit en
téléchargement qualité DVD (à partir de 2 €).
Si la vision en streaming est une vraie location (durée de 48 h), celle
en téléchargement est un véritable achat : on peut le regarder autant
de fois qu'on veut, sans aucune limite de temps, mais bien sûr toujours
sur le même ordinateur.
Pas besoin en revanche d'installer un logiciel de lecture dédié : le Windows Media Player 9 suffit.
Certaines vidéos sont disponibles au format Archos.
Il est aussi possible d'acheter des émissions en DVD pressé avec jacquette (à partir de 9 €).
Glowria a commencé comme un loueur de DVD par correspondance. Depuis
cet été, il propose un service de VOD, qui compte un peu moins d'un
millier de titres (film, dessins animés, documentaires) à partir de 1
€.
Comme chez Vodeo, on peut acquérir définitivement certains fichiers,
mais à partir de 10 €. Sinon, la location dure entre 24 h et 15 jours.
Tout le service, y compris le feuilletage du catalogue et l'acte de
location, se passe à l'intérieur du logiciel de lecture dédié, à
installer donc obligatoirement.
L'institut
national de l'audiovisuel est le seul à proposer autant de contenus
gratuits ! Et son offre est pléthorique : plus de 100 000 émissions
sont disponibles.
À voir en flux continu, location ou achat définitif entre 1 et 6 €.
Originalité du site : le visionnage gratuit en flux continu nécessite
QuickTime. Voilà au moins une chose qui sera accessible aux Mac...
C'est le domaine des émissions culturelles et reportages. Quelques films et séries, cependant, comme Regenesis.
Entre 1,50 et 4 € la vidéo.
La location dure 48 h, et se fait par téléchargement du fichier.
Le
groupe France Télévisions propose à travers deux sites, celui de France
5, et Francetvod, un accès à beaucoup de ses émissions, reportages,
mais aussi quelques films.
Beaucoup d'émissions sont en accès gratuit après leur diffusion (c'est
la fameuse catch-up TV). La location est possible, en streaming, pour
24 h, ainsi que l'achat définitif du fichier, à partir de 9 €.
Son
catalogue est riche en films récents et blockbusters qui sont proposés
à la location 48 h pour 4 ou 5 € ; on peut aussi acheter définitivement
des vidéos clips, à 2,50 €.
Le site propose un navigateur HTML très pratique pour fouiller dans le
catalogue par catégories. Un bon point : beaucoup de VOST.
Il propose aussi de la VOD en forfait (SVOD, ou Subscription Video On
Demand) pour les dessins animés, à partir de 1,50 € les quatre
épisodes.
La
Fnac utilise le service de Glowria, redécoré aux couleurs de la Fnac :
installation du lecteur obligatoire, pour voir le catalogue, louer et
regarder les films.
Vidéos à partir de 1 €.
Le cas d'Imineo est un peu particulier. Pas de location, ici, mais
uniquement des achats, de 4 à 9 €, en deux choix de qualité (VHS ou
DVD), avec parfois possibilité d'acheter des packs de trois films pour
moins cher.
Il est spécialisé dans les vieux téléfilms, les films d'horreur jamais
sortis au cinéma et les nanars. On découvre par exemple qu'en 1989,
Franck Dubosc a fait un drame... Bref, on se croirait chez les soldeurs
! Les amateurs seront comblés. Quelques "vrais" films ou séries quand
même.
Cinézime
est spécialisé dans les labels indépendants, les courts métrages et
l'art & essai. On crédite un compte d'avance, de 5 à 50 €. Ensuite,
les vidéos sont à partir de 0,42 € pour les courts et 3,33 € pour les
longs. De façon assez originale, il faut télécharger le film d'abord,
le lancer ensuite dans Windows Media Player, qui va détecter qu'il faut
une licence. Il va donc afficher une page web pour vous proposer soit
un achat, soit une location de 48 heures. D'où cette notion de
téléchargement sans engagement. Le site édite aussi un gestionnaire de
téléchargement, Zimeloader, pas obligatoire. Très original, Cinézime
fait participer ses membres à une sorte de comité de sélection : des
films à la séance gratuite en échange d'une notation du film. Si le
film est jugé bon, il entrera au catalogue. Cinézime mérite qu'on y
fasse un détour.
http://www.svmlemag.fr/dossier/lexplosion_de_la_vod








