Faut-il encore lié le destin de la presse à celui de son créateur Johannes Gutenberg ? Gutenberg avait été défait de son invention par un des ses associés, Johann Faust. Il vécut après dans la misère et n’en fut sorti que par un archevêque qui lui accorda le titre de gentilhomme. La presse va-t-elle connaitre la même tragédie ? Vestige ancien d’un temps glorieux souffrant aujourd’hui de finances fragilisées mais qui perdurera grâce à son estime, son « aura » ?
Au fur et à mesure des années, le modèle économique de la presse n’a
eu de cesse de vaciller, délicat équilibre ébranlé avec l’irruption du
numérique. Toutefois, l’arrivée d’un nouveau média n’en a jamais fait
disparaitre un autre. Cela nécessite par contre un temps d’adaptation.
Internet est maintenant un média mature et les principaux groupes de
presse tentent de l’apprivoiser.
La première phase des états généraux de la presse s’est terminée et avec elle, le président de la République Française, Nicolas Sarkozy a annoncé que « le premier des chantiers consistera à aider la presse à prendre le virage internet ». Est-il pourtant légitime de débloquer des aides pour venir au secours d’une presse d’un autre âge, qui campe sur son modèle économique, incapable de s’adapter et s’indignant sur ces « pseudo » journalistes blogueurs ? On est en droit de se poser la question. Car, c’est bel et bien la valeur perçue de l’information qui a changée. De nouveaux modèles sont apparus : misant sur la collaboration comme lepost.fr ou rue89.com, revendiquant une expertise payante comme mediapart.fr ou gratuite comme slate.com (à quand l’ouverture de la version française de Jean Marie Colombani).
Toutefois, les éditeurs de presse ont tenté de s’adapter à chaque nouvelle étape de l’évolution internet.
L’hebdomadaire Le Nouvel Observateur a vite compris qu’il ne pouvait pas se limiter à réactualiser son actualité une fois par semaine comme c’est le cas dans sa version papier. En se renommant Nouvel Obs en Temps Réel, le journal a adopté les codes du web : une actualité en temps réel.
Parallèlement, les principaux sites de titres de presse ont proposé des forums sur leurs sites médias comme celui de l’express dont les topics les plus actifs peuvent enregistrer plus de 40 000 messages. La plateforme va ainsi fédérer ses internautes et leur permettre de s’exprimer. De sujet passif, le site devient ainsi l’hébergeur de la conversation.
Deuxième évolution avec l’arrivée des blogs en France. En 2005, quelques sites de presse proposaient aux internautes des plateformes de blogs sur lesquelles les internautes étaient invités à créer leur propre média. A côté des blogs de journalistes à la plume célèbre (La république des Livres d’Assouline ou Transnets de Francis Pisani sur le site du Monde), des bloggeurs anonymes sont désormais connus et reconnus comme de véritables journalistes (l’excellent blog Café Mode hébergé sur le site de l’Express a fait de Géraldine Dormoy une critique incontournable dans l’univers de la mode).
En savoir plus sur: La Vigie
Publié par : Andreea Hirica
Publié sur : le vide poches








