Publié le 22 avril 2008
Acrimed
a pris beaucoup de retard dans l’observation critique d’Internet. Cette
contribution partielle (qui reprend et précise un premier débat interne
tenu en novembre 2007 à Paris) n’a pas pour but d’analyser l’ensemble
de la nouvelle configuration économique et technologique dans laquelle
s’inscrit Internet. Elle ne concerne, pour l’essentiel, que la question
de l’information et n’a pas d’autre
ambition que de proposer quelques repères, partagés par les adhérents
de notre association et quelques jalons pour une observation ultérieure.
Comment aborder les changements en cours ?
La nouvelle technologie de la communication que constitue Internet
ne permet pas simplement de mieux communiquer : elle transforme
profondément l’économie générale de la communication qui s’était
instaurée précédemment, avec la diffusion massive des médias
audiovisuels (radio et télévision) à partir des années 1960 en France,
qui, eux-mêmes, avaient restructurés l’économie de la communication qui
s’était mise en place, à la fin du 19ème siècle, autour de la presse
écrite quotidienne à grand tirage, qui elle-même avait chahuté un
espace journalistique caractérisé par une presse politique à faible
tirage, coûteuse, disponible par abonnement et essentiellement achetée
par les classes dominantes.
Internet n’est pas seulement un instrument de communication qui
serait un peu plus efficace et rapide que les anciens mais qui, sur le
fond, ne changerait rien ni à la production des informations et des
offres de toute nature ni à leur réception et à leurs usages. Il n’en
est rien. Si l’on prend l’exemple du commerce en ligne, certains
disaient au tout début de cette nouvelle forme de commerce, que ce
n’était que du commerce classique par correspondance paré des habits de
la modernité mais que cela ne changeait rien. Or, on a vu que le
commerce sur le net présentait une spécificité et une efficacité qui
ont modifié profondément la relation commerciale et explique sa forte
progression (sites comparatifs, catalogues en ligne, élargissement de
l’offre mais aussi des clients possibles, sites de ventes aux enchères,
etc.). Des changements comparables sont à l’œuvre dans le secteur des
médias.
Les moyens de communication exercent des effets sur ce qui est
communiqué. Ainsi, comme l’ont montré les anthropologues, l’écriture a
modifié le mode de pensée : la communication orale est un flux continu
lié aux situations (on parle toujours ici et maintenant) alors que
l’écriture permet d’autonomiser le message, d’étudier le langage en
lui-même et pour lui-même, de poser des syllogismes, de stocker de l’information,
etc. De même, avec l’imprimerie qui permet la production en grande
quantité d’ouvrages (par opposition aux rares manuscrits précieusement
gardés et péniblement recopiés par les clercs), les intellectuels
peuvent se constituer leurs bibliothèques et se consacrer plus
totalement au travail intellectuel au lieu de perdre leur temps en
déplacements pour aller là où sont précieusement conservés les rares
manuscrits ; ils ont à disposition toute la culture de leur temps et
tendent à engager un rapport moins sacré aux textes, etc. Les
imprimeurs inventent, de leur côté, les index, les catalogues, les
versions corrigées, etc. et recherchent de nouveaux auteurs, ce qui
suscite des vocations parmi les lecteurs qui se disent « pourquoi pas
moi ? ».
Si ces exemples rapidement évoqués montrent les ruptures qui peuvent
résulter de l’apparition de nouvelles techniques de diffusion, il reste
qu’il existe aussi à chaque fois, un refus de voir les changements en
cours. Cette attitude récurrente est notamment le fait des acteurs
dominants, liés à l’état ancien des choses, qui ne veulent pas croire à
la fin de leurs positions et de leurs privilèges. C’est pourquoi les
journalistes « à l’ancienne » (les éditorialistes, les journalistes
âgés notamment) tendent à parler d’internet sans trop savoir ce qu’on y
fait et ce qu’on peut y trouver (un peu comme ces politiques qui
stigmatisent la « télévision abrutissante » mais ne la regardent
jamais) et affirment, à partir d’un exemple particulier qu’on y trouve
« n’importe quoi », que c’est un support où ne circulent que des rumeurs
non vérifiées, comme si ce n’était pas également le cas de la presse
écrite... Comme le papier imprimé, internet n’est pourtant qu’un
support sur lequel on peut y inscrire tout et son contraire, de la
pornographie comme de la philosophie, des œuvres pour un large public
comme des textes pour un public confidentiel, Le Monde comme France Soir.
Un processus de différenciation est déjà à l’œuvre qui a été également
observé lors des précédentes révolutions des techniques de
communication : les sites sont répertoriés, classés, évalués
hiérarchisés, notés afin que chacun, scientifiques, politiques, lecteur
qui veut s’instruire, se distraire, rechercher un partenaire, etc.
puissent trouver, dans cet immense réseau, les sites qui leur
conviennent. D’où le rôle central qui est joué par les moteurs de
recherche.
Les acteurs dominants d’un état donné de l’économie de la
communication ont tendance à rejeter une nouveauté qui bouscule les
rapports de force dans lesquels ils occupent des positions fortes.
C’est pourquoi ils ont le plus souvent une vision très étroite du
nouveau média qu’ils sont tentés d’ignorer, voire de rejeter purement
et simplement ou alors ne les appréhendent qu’à travers leur logique.
Il suffit, par exemple, de se souvenir qu’internet a été un temps
considéré par certains responsables éditoriaux, lorsque ce nouveau
moyen de communication a commencé à se diffuser, comme une technologie
permettant seulement de proposer une version en ligne (en fichier PDF),
à moindre coût et à domicile, des journaux par ailleurs vendus en
kiosque. Ces inerties ne sont pas nouvelles : au XVème siècle, les
premiers livres imprimés ont singé les manuscrits qui furent pendant
longtemps considérés comme les seuls « vrais » livres ; la presse
populaire à grand tirage fut, elle aussi, considérée avec mépris par la
presse politique avant de s’imposer avec ses reportages, ses
interviews, ses photographies, ses feuilletons ; et, plus récemment, on
sait que la télévision n’a attiré les vocations de journalistes qu’à
partir des années 1970, lorsque la diffusion massive qu’elle permet (à
la fin des années 1970, on peut dire que la télévision est présente
dans tous les foyers) et le pouvoir spécifique de l’image ont
progressivement pesé sur la fabrication de l’information, y compris de la presse écrite.
Cette attitude compréhensible fait couple avec une autre erreur,
symétrique et inverse qui consiste, à l’inverse, à prophétiser, lors de
chaque innovation technologique, une « mutation radicale », du « jamais
vu », des possibilités, non seulement nouvelles, mais « inouïes ». Or
tout n’est pas radicalement révolutionnaire dans une révolution
technologique. Contre ces discours exaltés tenus surtout par les
nouveaux adeptes, on peut faire valoir non seulement l’existence de
débats similaires par le passé (par exemple avec le développement de la
presse écrite à grand tirage à la fin du 19ème siècle qui menaçait la
presse politique) mais aussi l’invention d’usages faussement nouveaux
et révolutionnaires des nouvelles technologies (par exemple les forums
de discussion d’internet qui s’épuisent très vite et sont souvent le
fait de quelques dizaines d’internautes omniprésents).
Or il n’est pas possible de déduire a priori d’une
technologie nouvelle ses utilisations sociales. On sait que les usages
initiaux envisagés lors de l’invention du téléphone avait été de
retransmettre les pièces de théâtre ou d’opéra à distance
(« théâtrophone »), que le minitel a été un succès en raison de
l’explosion imprévue des sites de rencontres (« minitel rose »), que le
téléphone portable considéré initialement comme un instrument
professionnel est devenu un objet banal qui est possédé par les
particuliers (et même les enfants), etc. A chaque fois, on peut
vérifier qu’un nouveau média ne livre pas d’emblée toutes ses
potentialités à la fois techniques et sociales. Les nouveaux usages
sont souvent inventés, non pas par les acteurs dominants (trop attachés
à l’ancien régime) mais par des individualités, souvent marginales, qui
bricolent dans leur coin comme c’est le cas tout particulièrement
d’internet, et inventent des usages sociaux qui se diffusent lorsqu’ils
sont en phase avec l’état de la société et de ses besoins (c’est le cas
par exemple de facebook qui crée et entretient des réseaux
sociaux, des sites de rencontres qui sont comme appelés par une
civilisation de plus en plus urbaine et individualiste, etc.). Les
acteurs dominants prennent en quelque sorte le train en marche et
essaient de conquérir, avec les moyens financiers dont ils disposent,
le nouveau média (notamment en rachetant les sites qui marchent).
Quelques repères sur la question de l’information
Il est possible, en se limitant au seul domaine de l’information,
de dresser un premier bilan, encore très provisoire, de la véritable
révolution que la technologie d’internet est en train d’accomplir dans
l’économie générale de la communication.
Trois remarques préalables sont nécessaires pour cadrer et délimiter nos observations.
- D’abord, Internet ne remplace pas la presse écrite et
audiovisuelle, mais, en s’ajoutant à elle, exerce des effets de
restructuration du champ de production de l’information.
On peut d’autant moins évacuer les médias préexistants que non
seulement ceux-ci ouvrent des sites sur le net mais que la publicité
pour certains sites passe par la presse écrite ou audiovisuelle
existantes.
- Ensuite, la puissance de ce moyen de communication dépend du
nombre de ceux qui y ont accès. La télévision est devenue puissante
progressivement, à mesure que les récepteurs équipaient les ménages. Il
en va de même avec Internet . On estime, en 2008, à 60% le nombre de
gens qui, professionnellement ou en privé peuvent se connecter à
internet.
- Enfin, il convient de ne pas l’oublier, les usages d’Internet sont
très divers. Socialement différenciés, ils obéissent aux lois générales
de la diffusion culturelle. Ces usages dépendent de facteurs culturels
et sociaux qui invitent à ne pas surévaluer les usages liés à la
production-consommation d’informations. A l’encontre d’enthousiasmes
démocratiques qui virent rapidement à la pure et simple idéologie
(internet pour tous qui réglerait tous les problèmes), il faut rappeler
que les moyens matériels, le temps disponible et les dispositions
sociales sont diversement et inégalement distribuées et que la
technologie, de surcroît, tend à creuser l’écart entre les plus aptes à
s’en servir et ceux qui maîtrisent mal l’instrument. La « fracture
numérique » – c’est-à-dire l’écart croissant entre les milieux sociaux
sous ce rapport – n’est pas résorbée par la progression du taux
d’équipement. Il reste que les usages qui s’inventent en permanence,
même s’ils ne sont pas le fait de tous les internautes, préfigurent des
changements de plus vaste ampleur que l’on peut essayer de pointer.
Une production-diffusion de l’information profondément modifiée
Internet présente des possibilités techniques nouvelles et
spécifiques. En premier lieu, le coût de la communication sur internet
est faible et, de plus, constamment décroissant, ce qui rend
matériellement accessible au plus grand nombre la possibilité de créer
et/ou de consommer en ligne une publication (site ou blog). Une
publication en ligne sur internet ne coûte que le temps et la
compétence de ceux qui la font alors qu’une publication papier a un
coût de fabrication (papier et imprimerie) et un coût de diffusion
(entre 30 et 40% du prix de la publication) suffisamment importants
pour impliquer une mise de fonds initiale non négligeable qui suffit à
décourager la plupart des projets éditoriaux. La diffusion sur Internet
se distingue, de surcroît, de la diffusion aléatoire des supports sur
papier, qui dépend du bon vouloir des diffuseurs et de la politique des
distributeurs ou alors de l’efficacité d’un réseau de bénévoles ou de
militants qui parvient à alimenter régulièrement quelques librairies
spécialisées ou proposent leurs publications à toutes occasions
(conférences débats, manifestations, etc.).
Cette facilité à communiquer se traduit par l’explosion des emails
(les médiateurs constatent que le nombre d’emails qu’ils reçoivent
s’accroissent fortement et que le courrier écrit par la poste tend à
disparaître) et par la multiplication des sites dont la mise en réseau
grâce aux liens et aux hypertextes permet d’aller très rapidement d’un
site à un autre ou de se connecter à une base de données qui s’accroît
de façon exponentielle sur Internet. On peut trouver aujourd’hui sur
tous les sujets, de manière quasi instantanée, des informations sur
tout. Internet est devenu une mémoire et une archive sans équivalant
qui, de plus, est accessible très rapidement grâce aux moteurs de
recherche. Ce média permet tous les formats (écrits, sons, vidéo) ce
qui, pour la critique des médias, en fait un instrument utile au niveau
de la mise en ligne mais aussi de la recollection des textes et des
émissions de radio ou de télévision (archivage provisoire et
gratuitement accessible des émissions, postcast), l’un des problèmes
majeurs de la critique des médias étant de pouvoir arrêter le flux
continu de l’information pour en
faire l’analyse. Avec « internet 2.0 » qui permet l’interactivité, la
circulation des messages tend à s’intensifier et à permettre des
réactions en feed-back, affaiblissant la coupure émetteur/récepteur.
La réception et la consommation d’informations changent
elles aussi. Internet donne lieu à de la consommation « à la carte »
parmi les nombreux sites. Chacun se construit son parcours sur le net
en fonction de ses intérêts et de ses demandes (par opposition aux
journaux écrits qui chaque jour disent ce qui est l’information
du jour. Par ailleurs, il est possible de consulter plusieurs sites de
journaux et se faire sa propre revue de presse, comparer les
informations de différents journaux, ce qui peux atténuer à terme la
captation des lecteurs par un seul journal. La page internet est
structurée différemment de la page imprimée, la hiérarchisation de l’information
des journaux écrits avec le « 5 colonnes à la une » n’existant pas ou
peu au profit d’une masse de titres sur lesquels l’internaute peut
cliquer pour lire l’article de son choix.
Le rôle et les pratiques du journalisme se
transforment. Internet bouscule les logiques de production. Des sites
autonomes alimentés par des bénévoles, souvent très compétents dans
leur domaine, créent de véritables médias qui concurrencent la presse
écrite et audiovisuelle : celle-ci ne peut les ignorer. Les
journalistes professionnels, par conséquent, tendent à perdre leur
monopole de diffusion, c’est-à-dire le privilège de décider de ce qui
doit être publié et mis en débat dans l’espace public. Mais ils perdent
aussi leur pouvoir de censure, souvent beaucoup plus efficace que la
censure qui s’exerce sur eux. En effet, les médias peuvent faire savoir
qu’on les a censurés (ce qui revient à faire de la publicité sur ce qui
a été censuré, ce dont ils ne se privent pas) alors que la censure
qu’ils exercent (notamment en ce qui concerne les rectificatifs et les
droits de réponse) est invisible. Désormais, il est possible de faire
savoir sur le net ce que les journaux ont censuré (ou, à tort ou à
raison, refusé de publier).
Le caractère instantané et libre de la mise en ligne accélère la production de l’information
qui tend à se faire aujourd’hui quasiment en direct. Cette accélération
n’est pas sans conséquences, quand on sait les effets que l’information
sur un événement peut avoir sur l’événement lui-même et ses suites dès
lors que celle-ci porte non pas sur un événement passé sur lequel il
n’est plus possible d’agir mais sur ce qui est en train de se passer
(par exemple une vidéo mise en ligne sur une intervention de police qui
contredit la version policière immédiatement ; les vidéos sur les
manifestations en Birmanie qui font connaître à la communauté
internationale la répression en cours, etc.).
Un journal en ligne n’est pas la version papier en PDF car le
caractère immatériel du journal appelle une permanente mise à jour, une
réactivité constante. Les journalistes sont constamment devant leur
écran à traiter les informations, à consulter les sites, etc. Le
circuit de production n’est plus celui de la presse écrite (univers
centralisé autour du rédacteur en chef qui décide de ce qui doit être
publié, sous quelle forme, avec quel titre et à quelle place) : c’est
un univers décentralisé, avec un espace sans limite (à la différence de
la presse papier), chaque journaliste fonctionnant de manière autonome
(parce qu’il faut faire vite et qu’on ne peut attendre une conférence
de rédaction). Certains journalistes ont même créé leur blog qui tend à
devenir un véritable petit journal ayant les avantages du net :
immédiateté, liberté dans le choix des sujets, liberté de ton.
Cela dit, plusieurs problèmes se posent d’ores et déjà :
- Dans le vaste univers que constitue Internet, une place croissante
revient aux fournisseurs d’accès, mais surtout aux moteurs de recherche. Le
fonctionnement de Google pour l’instant, parce que c’est son intérêt,
ne biaise pas trop les référencements. Mais les menaces que la
publicité fait peser sur le système ne sont pas négligeables (on a
signalé, ce qui reste anecdotique pour l’instant, que « madeleine »
renvoie d’abord vers un fabricant de gâteaux et non à l’œuvre de Proust
mais pourquoi faudrait-il qu’un moteur de recherche à vocation
universelle satisfasse en priorité les lecteurs de Proust ?). Si des
sites comme celui d’Acrimed, par exemple, arrivent en première page sur
nombre de sujets (ce qui correspond à son contenu et au nombre de
connexions au site), rien ne dit que cela sera durable compte tenu des
pressions croissantes de la publicité et des capitaux en jeu.
- Les tentatives visant à constituer des « médias globaux » (dont
Internet serait l’un des principaux vecteurs) adossés à des médias
traditionnels (TF1, par exemple) risquent de s’avérer très puissantes :
Internet n’est pas un espace libéré. Certes, face au renforcement avec
des moyens importants, des sites de médias classiques et aux tentatives
de constituer des « médias globaux », se multiplient les sites
d’information (comme Agoravox, Rue 89, Bakchich, Médiapart, etc.). Dans
cette compétition, rien n’assure que les seconds seront les vainqueurs.
Rien n’assure que les projets participatifs et interactifs, quelle que
soit la sincérité – parfois douteuse - de leurs auteurs, ne seront pas
minés (quand ils ne le sont pas déjà) et progressivement absorbés par
des logiques commerciales et des contraintes de rentabilité : voués,
par conséquent, à disparaître ou à se recycler.
- La multiplication des supports non seulement n’est pas une
garantie de la qualité des informations, mais elle transforme et
aggrave les problèmes de leur vérification. Pourtant, affirmer, comme
on l’entend encore souvent, que sur Internet la « rumeur » et la
désinformation seraient omniprésentes, c’est non seulement invoquer un
âge d’or des autres médias qui n’a jamais existé, mais défendre une
reconversion du journalisme professionnel qui est loin d’avoir toujours
fait ses preuves, au moment même où son quasi-monopole de production de
l’information est ébranlé.
Raisons de plus pour informer sur l’information
(son contenu et les conditions de sa production) : sur Internet comme
ailleurs, conformément aux objectifs de notre association.
Patrick Champagne
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SOURCE : acrimed
PAR: glueman
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