le vide poches / connexion : le blog des médias 2.0 de la plateforme PSST (opinions et tendances 2.0).By jérémy dumont, planneur stratégique.

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25 avril 2010

TOUS LES CONTENUS DE PARIS 2.0 SONT EN LIGNE, VIDEOS, POWERS POINTS, PHOTOS = 5 JOURS DE RESEAUX SOCIAUX ET D'INNOVATION SOCIALE


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PROGRAMME DE PARIS 2.0 : paris20.psst.pro

TOUS LES CONTENUS DE PARIS 2.0 (5 JOURS DE RESEAUX SOCIAUX ET D'INNOVATION SOCIALE) :

- SITE DE L'EVENEMENT AVEC TOUTES LES INFOS = ICI
- TOUTES LES VIDEOS = ICI
- TOUTES LES PRESENTATIONS = ICI
- TOUTES LES PHOTOS = ICI

Rédigé le 25 avril 2010 dans 01 Perspectives dans les media, 05 Idees de professionels, 06 Actualites de la plateforme d'echange PSST | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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24 avril 2010

Webdocumentaire "Prison Valley" : un nouveau journalisme est déjà là


   "Slow Journalism", format long, entretiens fouillés, narration riche, multimédia et interactive, enquête courageuse, captivante et informative: "Prison Valley", le nouveau webdocumentaire d'Arte et d'Upian, disponible aujourd'hui sur le Net, offre des pistes prometteuses pour le journalisme de demain, celui qu'il faut aider, défendre et promouvoir.

   Non traditionnelle dans sa narration, son design et son interactivité, cette enquête sur l'industrie de la prison dans un coin perdu du Colorado tient du documentaire, du journalisme et du grand reportage. 

"C'est autant un roadmovie participatif qu'un webdocumentaire ou un projet audiovisuel", résume Joël Ronez, responsable du pôle web d'Arte France.

Le fond:

   Deux anciens de Libération, David Dufresne et Philippe Brault (photographe), ont passé un an à enquêter auprès des acteurs des 13 prisons d'un petit comté, où 16% de la population est incarcérée. Description terrible de "SuperMax", l'Alcatraz des Rocheuses, où sont enfermés, sous privation sensorielle, les prisonniers jugés les plus dangereux des Etats-Unis.


Le format web:

   La version web de ce carnet de route n'est pas une déclinaison de la version TV avec des bonus, mais est traitée comme un média à part entière, doté de sa propre identité éditoriale, combinant séquences linéaires et nouveaux usages du Net (liens hypertextes, partage, interactivité), permettant de donner à l'internaute une part centrale.

   Elle comprend une heure de récit et une heure de contenus additionnels, dont nombre de codes graphiques viennent des jeux vidéos.

   Le webdocu est disponible en français, anglais et allemand.

"C'est la prise en compte d'un mode de consommation de l'information différent et non linéaire: l'information ne se lit plus ou ne se regarde plus comme avant" (David Dufresne)


Le partage et l'interactivité:

   Des modules du programmes sont partagés via les réseaux sociaux et par email. Une demi-douzaine de forums différents sont organisés et modérés, jusquà fin juin, par les auteurs sur des thèmes évoqués : la privation sensorielle, la privatisation des prisons, etc...

   Autre nouveauté: la possibilité pour les internautes d'échanger avec des protagonistes du film est offerte chaque jeudi à heure fixe. Reste à voir les réactions des Américains de Prison Valley.

   Un blog est créé pour l'occasion. Comme un compte Twitter , une page Facebook, et une appli iPhone en anglais, gratuite.

   Les auteurs et les producteurs espèrent que Prison Valley s'enrichira au fil du temps des commentaires et des débats qu'il va susciter. Arte compte sur 400.000 visites de son site et un million de vidéos vues.



Le format TV? du "reverse broadcasting!"

   C'est un produit dérivé du format web! Diffusion d'un documentaire de 59 mn le 12 juin sur Arte France.


Le format livre:

   Un ouvrage imprimé tiré de cette expérience sera publié en septembre.


Combien ça coûte, comment c'est financé?

   Budget web : 230.000 €, dont 70 K€ financé par Arte, 70 K€ par le studio multimédia parisien Upian et 90 K€ par le Centre National du Cinéma (CNC).

   Le 59 mn TV a été acheté 100 K€ 20 K€ par Arte, qui espère céder les droits à des chaînes étrangères.

   Autres partenaires: Libération, Yahoo! et France Inter qui diffuseront en des séquences.

   A noter que ce webdocu serait aussi formidable à consommer sur l'iPad !


La rémunération des journalistes:

   Autour de 30.000 € chacun, pour près d'un an et demi de travail.

   A venir: des droits d'auteurs TV et livre.

Le matériel :

   Un Canon EOS 5D et une caméra légère Panasonic. Des milliers de photos ont été prises et utilisées.

"Grâce au web, on a de l'espace, on prends du temps, et on obtient plus d'informations" (David Dufresne). "Dans 5 ans, ce type de production sera courant et plus facile à financer, grâce notamment à des accord à l'international" (Joël Ronez).

"Le webdocumentaire c'est raconter des histoires et faire passer de l'émotion sur un écran d'ordinateur", explique Alexandre Brachet, le patron d'Upian, qui termine aussi la refonte graphique du site de France Inter. "C'est un travail long, qui demande du recul et un point de vue d'auteur, racontés avec tous les nouveaux outils du web. Il faut savoit faire des sites, raconter une histoire et inventer des process".

   Upian et Arte avaient signé, fin 2008,le webdocumentaire Gaza Sderotdonnant la parole aux communautés palestiniennes et israéliennes de part et d'autre de la frontière, quelques jours avant l'offensive sur Gaza. Il avait aussi donné lieu à une version TV et à un livre.

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23 avril 2010

TENDANCE DE SOCIETE = rapport d'innovation sur la diffusion des valeurs féminines dans la société. Un rapport d'innovation de courts circuits, le cercle d'innovation du réseau interprofessionnel PSST.

...

Introduction du rapport d'innovation sur la diffusion des valeurs dites féminines

View more presentations from jérémy DUMONT.

La Diffusion Des Valeurs Dites Féminines - Partie 1

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La Diffusion Des Valeurs Dites Féminines - Partie 2

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  • Pourquoi ce thème est-il d’actualité ?
  • Certains phénomènes récents changent la société et accélèrent la diffusion des valeurs « dîtes féminines » :
  • L’interdépendance : La globalisation et la libéralisation des capitaux nous donnent l’impression que nous ne contrôlons plus rien, que nous ne décidons plus de notre avenir. En fait nous commençons juste à réaliser que nous sommes tous interdépendants et que pour ne pas subir et pouvoir agir, de nouveaux modes de gouvernances sont à mettre en place avec comme leitmotiv les notions de démocratie participative et de bien commun.
  • Le sens : Quel paradigme viendra remplacer la postmodernité et le nihilisme destructeur de sens qui la caractérise ? La notion de progrès qui guidait les lumières a depuis longtemps été abandonnée pour être remplacée par un grand vide. Aujourd’hui nous nous intéressons à un capital trop souvent méprisé, le capital humain pour ensemble construire un système qui fasse sens.
  • La spiritualité : Au-delà de la religion, la nouvelle spiritualité émergente s’érige en protectrice de la vie. La sauvegarde de Gaïa n’est plus regardée comme un simple mythe païen.
  • L'accomplissement de soi : Le regard normatif de la société s’est considérablement adoucis. Hier nous risquions l’exclusion de du groupe, de la communauté. Les personnalités d’aujourd’hui mêlent féminin et masculin à l’envie, bien loin des carcans de nos aînées. Les familles se recomposent, les hommes et les femmes se réinventent. Le regard normatif des autres n’est plus la norme, on cherche l’accomplissement de soi.

  • Un rapport du cercle d'innovation courts circuits avec les contributions de =
  • Christine Marsan, psychologue, chercheur en sociologie, écrivain
  • Jean Louis Lespes, économiste
  • Joël de Rosnay , biologie, prospective, fondateur d’Agora Vox
  • Rafik Smati, fondateur et président du groupe Aventers
  • Nishchalananda Saraswati, enseignant spécialiste des spiritualités
  • Danièle Rousseau, Medef
  • Thierry Verhelst, auteur
  • Monique Grande, consultante
  • Christine Page, auteur
  • Jean Baptiste de Foucauld, pôle emploi
  • Maïté Levasseur, journaliste
  • Marc Luyckx, auteur
  • Marc Halévy, physicien et philosophe
  • Bernard Andrieu, philosophe du corps
  • Fabienne Brugère, philosophe
  • Roger Nifle, sociologue, directeur de l’institut cohérences
  • BSV, Pro Senectute Suisse
  • Une initiative de Jérémy Dumont, directeur du planning stratégique chez Pourquoi Tu Cours ? (l’agence des idées)
  • newzy avait fait un reportage vidéo sur le lancement de cette étude lors des apéros du jeudi "tous en jupe, les hommes aussi" organisé pour explorer la diffusion des valeurs dites féminines dans la société" = www.lesaperosdujeudi.com
  • La jupe est de retour dans les garde-robes masculines. L'association Hommes en jupe (HEJ) milite avec humour pour l'égalité des sexes et a profité des apéros du jeudi 30 avril pour défendre ses convictions.

  • Les hommes en jupe !
    envoyé par newzy-fr. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

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Rédigé le 23 avril 2010 dans 00 Rapports d'innovation dans les medias, 04 Contexte | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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20 avril 2010

Apres PARIS 2.0....MARSEILLE 2.0 = «culture des réseaux sociaux et réseaux sociaux pour la culture».Marseille 2.0 c’est 8 ateliers conférences pendant deux jours, 30 intervenants-experts, 10 projets innovants, un réseau social professionnel (psst.

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Entrée : 10 €/jour
Le réseau professionnel pour préparer, organiser, partager et s’inscrire à Marseille 2.0
http://marseille20.psst.pro/


Présentation
Les 6 et 7 mai 2010 se tiendra la 1ère édition de Marseille 2.0. à la Cité des Métiers de Marseille (6 rue des
Consuls 13002). Marseille 2.0 v.1 sera consacré à une thématique générale dans la perspective de Marseille
2013, Capitale Culturelle de l’Europe : «culture des réseaux sociaux et réseaux sociaux pour la culture».
Marseille 2.0 c’est 8 ateliers-conférences pendant deux jours, 30 intervenants-
experts, 10 projets innovants, un réseau social professionnel (psst.pro) pour préparer
et pour prolonger l’événement, une web-tv et 200 participants attendus.
Marseille 2.0 est un évènement organisé dans la lignée de Paris 2.0. Cette manifestation a pour vocation de
réunir des entreprises, des institutions et des professionnels afin de rendre compte et d’échanger des
expériences, des tendances et des évolutions liés au développement des nouveaux moyens de
communication 2.0 dans l’environnement économique, social et culturel.
Marseille 2.0 est organisé par un collège d’entreprises qui ont mis leurs ressources en commun pour rendre
possible cet événement. Chaque société organisatrice est chargée de mettre en place des tables rondes, des
débats, des ateliers et des démonstrations (définition des thèmes, invitation des intervenants et animation).
Les entreprises organisatrices ont souhaité faire de cet événement un moment d’échange et de partage
accessible et ouvert au plus grand nombre. Les places pour Marseille 2.0 sont au prix de 10 euros par jour.
Les organisateurs remercient les entreprises, les intervenants et les participants qui font la richesse de cette
rencontre et s’engagent à veiller aux pratiques en usage sur Internet et en matière d’événement, en
particulier en ce qui concerne la reconnaissance des contributions individuelles à l’intelligence collective et
le respect des contributeurs et participants.


Entreprises organisatrices
AcomZ, Aller Retour, Classe 35, Dircom, nouvelle Marque, Perfeo, Stone Power, Sur le
pont ! Communication, TINA
Partenaires : Blue Touch Communication, Sud-Édito, H2studio, Beau Temps Partout,
Cité des Métiers
Marseille 2.0 soutient les journées de l'AFD à Marseille (Alliance Française des Designers) : 9 visites
d'ateliers et une conférence-débat les 6 et 7 mai (http://www.alliance-francaise-des-designers.org/)
Marseille 2.0 est partenaire de la 11ème Pecha Kucha Night qui clôturera en soirée l'événement aux
Grandes Tables de la Friche (Marseille).


PROGRAMME

Jeudi 6 Mai - Culture des Réseaux Sociaux
L'impact du 2.0 et des réseaux sociaux notre vie quotidienne, nos identités culturelles, nos modes de
consommation, nos territoires, les médias. ... Quels sont les tendances et quels seront les usages à court
et à moyen terme du web 2.0 ? Pourquoi l’année 2010 sera l’année des réseaux sociaux et de l’innovation
sociale ? Quels nouveaux modèles économiques pour la culture ?

9h00-9h30
Ouverture de la séance «Culture des Réseaux Sociaux»
et présentation de Marseille 2.0

Philippe Français (Aller retour) et Jérémy Dumont (Pourquoi tu cours ?)

9h30-11h00
«Les réseaux sociaux : une innovation sociale et culturelle ?»
Peut-on parler d’innovation sociale à propos de l’irruption des réseaux sociaux dans la vie
professionnelle, affective et quotidienne des 20 millions d’internautes français inscrits sur Facebook,
Viadeo, Linkedin, Twitter... ? Qu’est ce que le web participatif transforme dans notre façon de vivre et de
travailler ensemble ? Pourquoi la société adopte-t-elle si facilement ces nouvelles formes de
communications interpersonnelles en réseaux ? Quels impacts sur les organisations, les territoires ?
Pourquoi l’année 2010 sera l’année des réseaux sociaux et de l’innovation sociale ?
Intervenants
André Loechel, Président de la Fondation des Territoires de Demain. Les territoires à l’heure
numérique : ce que les réseaux sociaux vont changer dans l’organisation et la vie de
la cité.
Sondes Ben Chagra, Corporate Infomaster et Web designer Banque Africaine de
Développement. Défis et aspirations des réseaux sociaux en Afrique : l'expérience de la
Banque Africaine de Développement.

11h30-13h00
«Réseaux sociaux : les tendances 2010-2013 »
Temps réel, géolocalisation, mobilité, réalité augmentée... le futur immédiat des réseaux sociaux et des
usages du Web 2.0.
Intervenants
Gilles Benamo, Directeur Associé nouvelle Marque. Le Web temps réel : comment la prise
en compte du temps réel modifie la visibilité des entreprises sur le Web, engage de
nouvelles formes de conversations et transforme les méthodes de production
d’information ?
Maarten NOYONS, Directeur Général NCC S.A.R.L. , créateur du Festival Playground à Marseille
(plate-forme de jeux sur mobiles) et de l’International Gaming Award (IMGA). La géolocalisation :
un nouvelle façon de vivre et de jouer en réseaux ?

14h30 - 16h00
«Médias et réseaux sociaux : une nouvelle culture de l’information ?»
Quel impact des réseaux sociaux sur les médias traditionnels ?
Intervenants
Jean-François Eyraud, directeur du développement internet - La Provence. Le quotidien
régional à l'heure de l'interactivité.
Pierre Boucaud, directeur fondateur de Marsinfos.fr

16h30-18h00
«Industries culturelles et réseaux sociaux : gratuité et nouveaux modèles
économiques»

Pour beaucoup de modèles économiques traditionnels internet est destructeur de valeur. Fin des
intermédiations, diminution des coûts transactionnels, culture de la gratuité, monétisation difficile des
audiences... quels sont les nouveaux modèles économiques du web 2.0 ?
Intervenants
Marion Mazauric, Directrice des Éditions «Au Diable Vauvert», L'édition, le numérique, les
réseaux sociaux et les nouveaux lecteurs (De retour d’un récent voyage d’étude du SNE
(Syndicat national de l’édition) aux États Unis)

Vendredi 7 Mai - Réseaux Sociaux pour la culture

L'impact du 2.0 et des réseaux sociaux sur les organisations et les industries culturelles, les créateurs et la
création, les artistes et leurs publics. Comment la création et le créateur peuvent-ils interagir avec les
publics ? Quel sens et quelles esthétiques pour ces nouvelles résonances ? Quelles nouvelles relations,
quelles nouvelles expériences, quels nouveaux publics ?

9h00-9h30
Ouverture de la session «Réseaux Sociaux pour la culture»

9h30-11h00
«Nouvelles relations et nouvelles expériences avec les publics»
Spectacle vivant, expos, festival, performances... à l’heure du 2.0. Spectateur ou spect-acteur... le web 2.0 et
les réseaux sociaux multiplient les possibilités d’interventions et d’interactions. Géolocalisation et réalité
augmentée offrent de nouveaux parcours culturels et muséographiques. Quelles nouvelles relations avec
le public émergent des expérimentations en cours ? Comment et pourquoi créer des communautés de
fans ? Les réseaux sociaux permettent-ils de toucher de nouveaux publics ? Quels nouveaux espaces
culturels s’ouvrent devant nous ?
Intervenants
Bernard Cova, professeur à Euromed Marseille et à L'Université de Bocconi (Milan), directeur
du laboratoire Savoir Sud, co-auteur de "Néo-Marketing (reloaded)" (Éd. EMS) "Expériences
culturelles avec le public de la Scala de Milan"
Yannick Vernet, chef de projet multimedia MuCEM (Musée des Civilisations d'Europe et de
Méditerranée). Les pratiques muséales du Web 2.0
Diane Drubay, consultante et auteure du blog buzzeum.com. L'événementiel muséal
2.0 ou comment exploiter tous les nouveaux médias et outils de
communication pour La Nuit européenne des musées 2010.

11h30-13h00
«Création 2.0 ? du net.art aux œuvres open-source»
La création comme fruit d’une expérience partagée où chacun devient acteur dans le processus : collectif
d’artistes et de créateurs, artistes et publics co-créateurs, nouveaux lieux de coproducteurs... La
dématérialisation de l’œuvre, sa numérisation facilite l’œuvre ouverte «open-source», voire le
détournement, et remet en cause la conception traditionnelle de l’auteur. Des artistes s’en réjouissent et
jubilent face à ses nouvelles frontières ouvertes... État des lieux.
Intervenants
Roger Malina, directeur de la revue Leonardo (International Society for Arts, Sciences and
Technology), revue internationale des arts et des sciences.
Stéphane Dangel, auteur de "Storytelling, le guide" (Éd. du Désir). Le "transmedia
storytelling" pour enrichir les univers narratifs.
Éric Viennot, directeur de création de Lexis Numérique, créateur notamment du jeu "In
Memoriam", premier thriller interactif à la frontière du jeu vidéo, d'internet et du cinéma. Le jeu
vidéo, moteur de la fiction transmedia.

14h30 - 17h00
«10 projets innovants de réseaux sociaux pour la culture»
Intervenants

1.- Le réseau des 300 Pecha Kucha Night Cities (Marseille)
Sarah Carrière Chardon - Commissaire d'Exposition - Créé en 2003 par un cabinet
d'architectes anglais basé au Japon, les Pecha Kucha Nights permettent à des créateurs de tous
horizons de rencontrer de nouveaux publics et de montrer leur travail. 300 villes dans le monde
organisent ces soirées ou chaque créateur a 20 images (de 20 secondes chacune) pour parler
d'une idée, d'un concept, d'une création. Sarah Carrière Chardon a créé la Pecha Kucha Marseille
Provence. Elle œuvre pour un réseau méditerranéen des Pecha Kucha.
2.- Le projet SMART MUSE du Centre Georges Pompidou (Paris)
Mauricio Estrada Munoz - Chef de Projet Programmation Jeunes Publics. La technologie
NFC (puces sans contact) et les réseaux sociaux pour de nouvelles médiations
avec les ados. Pour attirer les 13-16 ans vers sa programmation, le centre culturel Georges
Pompidou équipe sa prochaine galerie, l’Espace ado (ouverture prévue en octobre 2010), de puces
sans contact avec lesquelles les visiteurs pourront interagir, puis rediffuser le contenu hors des
murs du Centre, vers les réseaux sociaux, comme Facebook ou Twitter.
3.- Les Living Labs 2.0 à l'image des Territoires de demain
Laura Garcia Vitoria - Présidente de Arenotech (Art Éducation Nouvelles Technologies) et
directrice scientifique du Réseau Européen des Villes Numériques. Les projets culturels de
Living Labs labellisés à l'échelle européenne.
4.- "La scène numérique" : processus de génération d'hypothèses (Cavaillon)
Vincent Jean - Médiateur, attaché au développement des publics et à la communication
numérique - Scène Nationale de Cavaillon - 84. Relations publiques et nouveaux médias
dans le champ des arts de la scène.
...
Marseille 2.0 se clôturera par un événement festif
Vendredi 7 Mai
Pecha Kucha Night
20h00 - 24h00
Grandes Tables de la Friche - Marseille
http://www.pecha-kucha.org/night/marseille/
Certains intervenants de Marseille 2.0 pourront présenter en 6mn40 un concept, une idée, une création
aux 500 participants de la PKN Marseille volume 11.


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Rédigé le 20 avril 2010 dans 06 Actualites de la plateforme d'echange PSST | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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19 avril 2010

E20, webisodes, Twision, sujets des VMA les plus populaires sur Twitter....La télé s’arrime au Net par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos


Dans les travées du Marché international des programmes télé (Mip TV) à Cannes, entre imprudente businesswoman perchée sur des Louboutin de douze centimètres et utopiste vendeur d’émissions (« Ici c’est un marché, mais moi je parle à l’âme des gens »), on entend des mots exotiques. « Transmedia storytelling » ; « Alexandre Bompard » ; « Content 360 » ; « Alexandre Bompard » ; « cross-media content ». Bon, si on exclut Bompard le-futur-ex-président-de-France-Télévisions-enfin-peut-être-c’est-certain-ou-pas, on tient l’autre sujet du Mip : la télé qui se pique d’Internet. Certes, ça fait bien dix ans que la lucarne lorgne le Web, mais aujourd’hui on assiste à une généralisation des modes de production vers tous les supports, tandis que l’engouement du petit écran pour les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter atteint son paroxysme. Et tout ça, c’est le transmedia machin et le cross-media truc, formant un magnifique content 360. Comme 360 degrés.

D’abord des chiffres, le Mip adore les chiffres : aux Etats-Unis, 60% des téléspectateurs regardent la télé tout en surfant sur Internet. Quand même. Comme l’a expliqué, cette semaine au Mip, Chloe Sladden, directrice des partenariats médias de Twitter, s’adressant aux patrons de chaînes : « Votre public est sur Twitter et il parle de vos programmes. » Comment ? Et les télés n’en tireraient pas profit ? Scandaleux. « La télé est une expérience sociale, a-t-elle poursuivi, mais au lieu de se passer le lendemain à la machine à café, elle se passe aujourd’hui en direct sur Twitter. » Il est vrai que l’un des sports favoris sur Twitter est de dauber sur les programmes télé et ça fait des envieux. Mardi au Mip TV a ainsi été lancé Starling, le premier réseau social de télé. Il s’agit de se trouver des amis par affinités cathodiques et de discuter du dernier épisode de Lost pendant sa diffusion. Kevin Slavin, le créateur de Starling, parle d’« un pont entre la télé traditionnelle et les réseaux sociaux ».

Du côté des télés, on commence à reprendre la main, en intégrant Twitter dans les programmes comme la dernière cérémonie des Vidéo music awards (VMA) sur MTV aux Etats-Unis, qui montrait en direct quels étaient les sujets des VMA les plus populaires sur Twitter. Ou la diffusion de tweets en direct sur Current TV ou la consultation des utilisateurs de Twitter pour des sondages express sur CNN. Pour Philip O’Ferrall, de MTV, « Facebook et Twitter vont rendre enfin réelle l’interactivité. » Mieux, juge Kevin Slavin, « ce ne sont plus dix millions de personnes qui regardent seules le même programme mais dix millions de personnes qui le regardent ensemble. » C’est beau.

Et puis il y a les émissions qui moulinent du Web à la télé. Bêtement, comme l’italienne Twision où deux types discutent de ce qui fait le ramdam sur Twitter. Ou celles qui adaptent. Ainsi, Married on Myspace, produit par Endemol pour le Web, qui proposait aux internautes de décider du moindre détail de la cérémonie de mariage d’un couple, est devenu une émission de télé avec le même principe, faisant cette fois participer les téléspectateurs. Ou encore Purepwnage, une série de faux documentaires sur un gamer canadien, qui, depuis mars, s’est transformée en série télé. S’attirant au passage les foudres des fans de la version en ligne traitant les créateurs de « vendus ».

Vendus, on ne sait pas, mais les auteurs de séries télé ont compris depuis longtemps qu’il fallait être sur tous les supports possibles. Tim Kring, le créateur de la série Heroes a ainsi expliqué lundi à Cannes : « Nous avons eu de la chance que la chaîne NBC ait la volonté d’être présente dans la sphère digitale, du coup elle nous a donné un super bac à sable dans lequel jouer. » Et du bac à sable sont sortis tout un tas de produits dérivés numériques de la série originale : webisodes, BD sur le web etc. Chacun amenant, non pas une simple transposition de la version télé sur un autre support, mais des aspects nouveaux de la narration. C’est ça le transmedia storytelling.

Et ça n’est pas réservé aux jeunistes amateurs de super héros ; Pour fêter les 25 ans de son vieux soap quotidien Eastenders, une façon de Plus belle la vie londonienne, la BBC a lancé sur le Web E20, une série dérivée de sa glorieuse aînée où les rôles sont tenus par de jeunes acteurs et les scénarios écrits pas de jeunes auteurs, 22 ans maximum. Une fois qu’ils auront fait leurs armes sur le Web, ils pourront aller à la télé. Chez les grands.

Paru dans Libération du 15/04/2010


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stratégie publicitaire de l’entreprise TWITTER, Promoted Tweets, première étape de la tentative de monétisation du site. Par Alexandre Hervaud


Biz Stone à la conférence Chirp - DR

C’est bien beau de vivre niché sur les fonds de généreux investisseurs, mais au bout d’un moment, un petit oiseau doit voler de ses propres ailes et gagner ses graines tout seul. Cette affreuse métaphore ornithologique, que l’on s’interdit de refaire un jour, sied parfaitement au destin de Twitter, le service de microblogging qui permet à ses utilisateurs de s’exprimer (« gazouiller ») en 140 caractères. On peut s’abonner au flux de quidams lambda, mais aussi de Jim Carrey, Aure Atika ou Ecrans.fr, par exemple. 105 millions de comptes existent (ils sont loin d’être tous actifs, évidemment), et le site attire près de 180 millions de visiteurs uniques par mois a-t-on appris hier à la conférence Chirp, dédiée aux développeurs du service. Gratuitement accessible, Twitter, qui s’est récemment payé une application mobile « officielle » et emploie 175 personnes, ne pouvait décemment pas vivre d’amour et d’eau fraîche et son modèle économique. Un modèle plutôt flou jusqu’à il y a peu, et qui a longtemps suscité doute et incompréhension chez les observateurs. Ce n’est pas tant la fin (inévitablement, la publicité) que les moyens (comment la présenter de manière judicieuses aux utilisateurs) qui posait question.

Depuis le début de la semaine , on en sait un peu plus sur la stratégie publicitaire de l’entreprise. Son co-fondateur, Biz Stone, a évoqué sur le blog officiel l’apparition des Promoted Tweets, première étape de la tentative de monétisation du site. Ou plutôt du service, l’interface twitter.com n’étant pas un passage obligé pour produire et suivre des tweets, elle ne représente que 25% du trafic de Twitter. Ces fameux « tweets promus », dans un premier temps réservés à quelques gros clients (Starbucks, Virgin America, Best Buy par exemple), seront affichés en haut des résultats des recherches, un seul par page, contrairement aux fameuses Google Ads.

Evan Williams à la conférence Chirp - DR

Pour avoir une idée du potentiel, sachez que chaque jour, 3 milliards de recherches sont effectuées via Twitter, a annoncé hier après-midi Evan Williams, co-fondateur de Twitter, à la conférence Chirp. « Les Promoted Tweets seront clairement affichés comme tel, mais restent à la base des tweets normaux que les abonnés d’une marque recevront normalement dans leur timeline », explique Stone, qui précise qu’un Promoted Tweet « cessera d’être affiché s’ils ne résonne pas ». Comprendre s’il n’a aucun écho particulier et fait un gros bide (personne n’y répond, ne le retweet, etc.)

Doit-on s’attendre à une vague de saillies corporate invitant les utilisateurs du service à répondre à des questions niaises du genre « et vous, qu’avez vous pris comme café ce matin ? » dans l’espoir de gagner un milk shake gratis ? Les Twitter-addicts répondront que c’est déjà le cas avec certaines marques actives sur le site, mais les Promoted Tweets devraient à terme leur donner une importance accrue, car après la phase « on vous met de la pub uniquement dans les résultats de recherche », c’est bel et bien dans les timelines qu’arriveront, au compte goutte, les fameuses pubs en 140 caractères, même sans être abonné aux comptes des marques promues. Pas question pour autant diaboliser à outrance l’inévitable intrusion publicitaire. Une des premières entreprises sélectionnées pour tester le service, la compagnie aérienne Virgin America, semble d’ailleurs avoir une position assez rassurante sur la question : « les gens doivent vraiment avoir envie de nos promotions pour trouver un de nos [promoted] tweets », celui-ci étant quasi introuvable en tapant des mots lambda dans l’outil de recherche. Si toutes les entreprises donnaient dans une précision similaire, Twitter pourrait bien avoir trouvé un modèle efficace. Rémunérateur, c’est moins sûr : aucune donnée sur le coût de telles opérations n’a pour l’instant filtré.

Dans tous les cas, gardons en tête que Twitter marche sur des oeufs, et prendra sans aucun doute soin de ne pas trop brusquer ses millions d’utilisateurs. Les dirigeants ont fait savoir qu’il n’y avait pas le feu au lac pour générer des revenus significatifs, et les choses devraient donc évoluer en douceur. Difficile toutefois de ne pas jouer les oiseaux de mauvaise augure en imaginant un Twitter progressivement blindé de pubs et qui finirait par proposer comme par miracle une version expurgée de toute réclame, mais payante : le fameux modèle freemium adopté par Spotify, si cool au début mais vite devenu insupportable en mode gratuit, la faute aux intrusions publicitaires répétées. Tout cela reste évidemment du domaine de l’hypothèse farfelue, et on la voit mal se réaliser à court ou moyen terme.

Pour l’instant, seule une part réduite (10% à peu près) des utilisateurs sont concernés par l’arrivée des Promoted Tweets, et l’on ne sait pas encore quand, et surtout comment, les utilisateurs français de Twitter seront ciblés. D’ici là, on pourra retrouver tous les tweeets produits depuis la création du service, promoted ou pas tant qu’ils sont publics, puisque la Library of Congress (bibliothèque nationale pour les États-Unis) a annoncé hier l’archivage de tous les tweets publics six mois après leur production, pour un usage non commercial. Vivement 2050 qu’on puisse retrouver avec émotion les codes promo pour choper du WiFi dans les vols Boston-Dallas de Virgin America.


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15 avril 2010

« Connected TV », une franche connexion par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos


Yahoo Connected TV - DR

Longtemps, on a cru qu’Internet aller boulotter la télé toute crue. Que, de toute façon, la téloche, c’était mort, que l’heure était aux users generated contents (le contenu généré par les utilisateurs, soit, en français, « quand je poste sur Youtube la vidéo floue de mon chat en train de tomber du dixième étage ») et qu’on ne se déplacerait bientôt plus que dans de petits hélicoptères personnels. Et puis, en même temps que s’est déployé le haut débit, la consommation de télé n’a pas baissé. Et elle va même toujours augmentant. On assiste du coup depuis quelques mois à un autre phénomène : Internet se glisse dans notre téléviseur. La « connected TV », ça s’appelle, à savoir le bon vieux poste (enfin, pas le Telefunken de Mémé tout de même), relié à Internet afin de pouvoir surfer depuis son canapé.

En attendant l’ultrasecret projet d’une Google TV conçue avec Sony et Intel et annoncée pour cet été, c’est Yahoo qui se remue le plus le popotin dans ce créneau où d’autres se cassent toujours les dents (l’Apple TV, notamment). Depuis un an, en nouant des partenariats avec des marques de téléviseurs, Yahoo tente d’imposer sa « Yahoo Connected TV » et ses « widgets ». Comprendre : des icônes situées en bas de l’écran de télé qu’on actionne par la télécommande et qui lancent des applications diverses et variées.

De l’information (météo, actu, finances) signée Yahoo, un programme télé, des jeux (sudoku, Texas hold’em), du commerce en ligne (eBay), des photos (Flickr), mais aussi des vidéos, que ce soit Youtube, ou des sites de vidéos à la demande (VOD), comme ceux d’Amazon ou des chaînes américaines CBS et Showtime. Une vingtaine de widgets au total, soit, selon Russ Schafer, directeur du marketing de Yahoo Connected TV, « le meilleur des services web », du moins ceux que Russ aura décidé de mettre dans la télé car impossible, bien sûr, de surfer en dehors des applications proposées.

Récemment, Yahoo Connected TV a intégré Twitter et Facebook. Et là, on a comme un doute : tweeter depuis son canapé alors que l’écran est à cinq ou six mètres ? Alors Russ Schafer nous fait la démo, et c’est vrai qu’en plissant les yeux, on distingue les micromessages en 140 caractères. Oui mais comment on fait, nous, pour tweeter ? Russ a réponse à tout : « Certains téléviseurs sont fournis avec des télécommandes équipées de clavier, et Samsung propose de son côté de télécharger une application pour iPhone qui permet de tweeter sur la télé depuis son téléphone. » Et de toute façon, assène Russ : « Sur Twitter, 90% des gens ne font que lire les messages pendant que les 10% restants font tout le boulot. »

A côté de Yahoo, certaines marques de téléviseurs développent leurs propres « apps » (car on utilise le langage de l’iPhone) en s’acoquinant avec des sites web : Skype, le service de téléphonie gratuit, disponible sur les derniers Samsung (oui bon, à 2 200 euros minimum mais la gratuité du téléphone est à ce prix). Samsung qui a d’ailleurs signé en décembre un accord avec TF1 pour lancer une offre de télé interactive analogue à celle de Yahoo, tandis que M6 a fait de même avec Sony.

Paru dans Libération du 15/04/2010



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«Totally Spies», le premier jeu Facebook adapté d’une série télé, se décline sur Facebook par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos


DR

Franchement, c’est un kif qu’il faut apprécier à sa juste mesure : pouvoir habiller Sam, Clover, Alex et Britney, wow. Décorer sa propre chambre dans une coloc’ avec plein de chouettes copains, aller dépenser son argent de poche en super fringues au Groove, remplir les missions que nous fixe Jerry depuis le Woohp. Bref, vivre la vie des Totally Spies ! (le point d’exclamation est d’origine), le dessin animé lancé il y a bientôt dix ans par le producteur français Marathon. Un rêve devenu réalité avec le lancement, depuis le salon Mip TV, de Totally Spies, Fashion Agents, que Marathon présente comme «le premier jeu Facebook adapté d’une série télé». Car que fait-on sur le réseau social aux 400 millions d’utilisateurs ? On joue, à une écrasante majorité (39%), avant même de mettre à jour son statut.

L’application la plus utilisée sur Facebook, c’est d’ailleurs un jeu, Farmville. D’où l’idée de Marathon de s’y mettre aussi. Totally Spies, Fashion Agents est un de ces jeux «free to play» couplé à de l’«iteming» : on joue gratuitement mais on peut améliorer son personnage en achetant, avec des espèces sonnantes et trébuchantes, des habits et des accessoires. Marathon espère attirer 300 000 utilisateurs d’ici à la fin de l’année et vise le million en 2012. Tout ça pour jouer à la poupée ? Ben oui.

Paru dans Libération du 15/04/2010


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14 avril 2010

En ligne, ce sont les médias traditionnels qui mènent le jeu pense Romain Bédard suite a une etude du PEW, Pew Project for Excellence in Journalism, intitulée The State of the News Media 2010.

La santé de l'information en ligne vous préoccupe? Ne lisez pas ce qui suit...

Si vous avez quelques heures à investir dans une lecture fascinante, je vous invite à plonger dans la toute dernière étude du Pew Project for Excellence in Journalism, intitulée The State of the News Media 2010.

C'est un peu le bilan de santé des médias d'information en 2010 aux États-Unis. Bien entendu, une grande place est consacrée au web, mais l'étude examine en profondeur les médias traditionnels également.

Et vous serez peut-être surpris d'apprendre qu'en ligne, ce sont les médias traditionnels qui mènent le jeu. En fait, la force en information des nouveaux médias dépend dangereusement de celle des anciens. Lisez plutôt:

  • Des 199 sites d'information qui attirent plus de 500 000 visiteurs par mois aux États-Unis (selon les données de Nielsen), 133 sont liés aux médias traditionnels. Les deux tiers des plus importants sites d'informations sont donc financés par leur contrepartie traditionnelle. Quand on sait que 90% des revenus publicitaires des quotidiens proviennent de leur version imprimée, et que ces revenus ont connu une baisse de 26% en 2009, l'avenir est plutôt sombre de ce côté.

  • En ligne, la concentration est énorme. Des 4600 sites qui composent la liste entière de sites d'information de Nielsen, 7% récoltent 80% de l'achalandage. Sur la liste des 199 sites qui attirent 500 000 visiteurs et plus, les 20 premiers sites récoltent à eux seuls la moitié de tout l'achalandage. Quinze de ces 20 sites sont la propriété de médias traditionnels.

  • Si la partie «nouvelles» de l'information est en régression à cause des coupures dans les salles des médias, la portion «commentaires et discussions» est en pleine explosion. Par contre, le New Media Index compris dans l'étude de Pew montre que 80% des liens affichés dans les blogues renvoient vers les sites des médias traditionnels (New York Times, CNN) américains. L'autre 20% vient des médias étrangers (comme la BBC et le Guardian). Une grande partie de la blogosphère est donc dépendante des bons vieux médias traditionnels.

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par Romain Bédard

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Internet, les transformations de l’espace médiatique et de l’information par Patrick Champagne

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Publié le 22 avril 2008 

Acrimed a pris beaucoup de retard dans l’observation critique d’Internet. Cette contribution partielle (qui reprend et précise un premier débat interne tenu en novembre 2007 à Paris) n’a pas pour but d’analyser l’ensemble de la nouvelle configuration économique et technologique dans laquelle s’inscrit Internet. Elle ne concerne, pour l’essentiel, que la question de l’information et n’a pas d’autre ambition que de proposer quelques repères, partagés par les adhérents de notre association et quelques jalons pour une observation ultérieure.

Comment aborder les changements en cours ?

La nouvelle technologie de la communication que constitue Internet ne permet pas simplement de mieux communiquer : elle transforme profondément l’économie générale de la communication qui s’était instaurée précédemment, avec la diffusion massive des médias audiovisuels (radio et télévision) à partir des années 1960 en France, qui, eux-mêmes, avaient restructurés l’économie de la communication qui s’était mise en place, à la fin du 19ème siècle, autour de la presse écrite quotidienne à grand tirage, qui elle-même avait chahuté un espace journalistique caractérisé par une presse politique à faible tirage, coûteuse, disponible par abonnement et essentiellement achetée par les classes dominantes.

Internet n’est pas seulement un instrument de communication qui serait un peu plus efficace et rapide que les anciens mais qui, sur le fond, ne changerait rien ni à la production des informations et des offres de toute nature ni à leur réception et à leurs usages. Il n’en est rien. Si l’on prend l’exemple du commerce en ligne, certains disaient au tout début de cette nouvelle forme de commerce, que ce n’était que du commerce classique par correspondance paré des habits de la modernité mais que cela ne changeait rien. Or, on a vu que le commerce sur le net présentait une spécificité et une efficacité qui ont modifié profondément la relation commerciale et explique sa forte progression (sites comparatifs, catalogues en ligne, élargissement de l’offre mais aussi des clients possibles, sites de ventes aux enchères, etc.). Des changements comparables sont à l’œuvre dans le secteur des médias.

Les moyens de communication exercent des effets sur ce qui est communiqué. Ainsi, comme l’ont montré les anthropologues, l’écriture a modifié le mode de pensée : la communication orale est un flux continu lié aux situations (on parle toujours ici et maintenant) alors que l’écriture permet d’autonomiser le message, d’étudier le langage en lui-même et pour lui-même, de poser des syllogismes, de stocker de l’information, etc. De même, avec l’imprimerie qui permet la production en grande quantité d’ouvrages (par opposition aux rares manuscrits précieusement gardés et péniblement recopiés par les clercs), les intellectuels peuvent se constituer leurs bibliothèques et se consacrer plus totalement au travail intellectuel au lieu de perdre leur temps en déplacements pour aller là où sont précieusement conservés les rares manuscrits ; ils ont à disposition toute la culture de leur temps et tendent à engager un rapport moins sacré aux textes, etc. Les imprimeurs inventent, de leur côté, les index, les catalogues, les versions corrigées, etc. et recherchent de nouveaux auteurs, ce qui suscite des vocations parmi les lecteurs qui se disent « pourquoi pas moi ? ».

Si ces exemples rapidement évoqués montrent les ruptures qui peuvent résulter de l’apparition de nouvelles techniques de diffusion, il reste qu’il existe aussi à chaque fois, un refus de voir les changements en cours. Cette attitude récurrente est notamment le fait des acteurs dominants, liés à l’état ancien des choses, qui ne veulent pas croire à la fin de leurs positions et de leurs privilèges. C’est pourquoi les journalistes « à l’ancienne » (les éditorialistes, les journalistes âgés notamment) tendent à parler d’internet sans trop savoir ce qu’on y fait et ce qu’on peut y trouver (un peu comme ces politiques qui stigmatisent la « télévision abrutissante » mais ne la regardent jamais) et affirment, à partir d’un exemple particulier qu’on y trouve « n’importe quoi », que c’est un support où ne circulent que des rumeurs non vérifiées, comme si ce n’était pas également le cas de la presse écrite... Comme le papier imprimé, internet n’est pourtant qu’un support sur lequel on peut y inscrire tout et son contraire, de la pornographie comme de la philosophie, des œuvres pour un large public comme des textes pour un public confidentiel, Le Monde comme France Soir. Un processus de différenciation est déjà à l’œuvre qui a été également observé lors des précédentes révolutions des techniques de communication : les sites sont répertoriés, classés, évalués hiérarchisés, notés afin que chacun, scientifiques, politiques, lecteur qui veut s’instruire, se distraire, rechercher un partenaire, etc. puissent trouver, dans cet immense réseau, les sites qui leur conviennent. D’où le rôle central qui est joué par les moteurs de recherche.

Les acteurs dominants d’un état donné de l’économie de la communication ont tendance à rejeter une nouveauté qui bouscule les rapports de force dans lesquels ils occupent des positions fortes. C’est pourquoi ils ont le plus souvent une vision très étroite du nouveau média qu’ils sont tentés d’ignorer, voire de rejeter purement et simplement ou alors ne les appréhendent qu’à travers leur logique. Il suffit, par exemple, de se souvenir qu’internet a été un temps considéré par certains responsables éditoriaux, lorsque ce nouveau moyen de communication a commencé à se diffuser, comme une technologie permettant seulement de proposer une version en ligne (en fichier PDF), à moindre coût et à domicile, des journaux par ailleurs vendus en kiosque. Ces inerties ne sont pas nouvelles : au XVème siècle, les premiers livres imprimés ont singé les manuscrits qui furent pendant longtemps considérés comme les seuls « vrais » livres ; la presse populaire à grand tirage fut, elle aussi, considérée avec mépris par la presse politique avant de s’imposer avec ses reportages, ses interviews, ses photographies, ses feuilletons ; et, plus récemment, on sait que la télévision n’a attiré les vocations de journalistes qu’à partir des années 1970, lorsque la diffusion massive qu’elle permet (à la fin des années 1970, on peut dire que la télévision est présente dans tous les foyers) et le pouvoir spécifique de l’image ont progressivement pesé sur la fabrication de l’information, y compris de la presse écrite.

Cette attitude compréhensible fait couple avec une autre erreur, symétrique et inverse qui consiste, à l’inverse, à prophétiser, lors de chaque innovation technologique, une « mutation radicale », du « jamais vu », des possibilités, non seulement nouvelles, mais « inouïes ». Or tout n’est pas radicalement révolutionnaire dans une révolution technologique. Contre ces discours exaltés tenus surtout par les nouveaux adeptes, on peut faire valoir non seulement l’existence de débats similaires par le passé (par exemple avec le développement de la presse écrite à grand tirage à la fin du 19ème siècle qui menaçait la presse politique) mais aussi l’invention d’usages faussement nouveaux et révolutionnaires des nouvelles technologies (par exemple les forums de discussion d’internet qui s’épuisent très vite et sont souvent le fait de quelques dizaines d’internautes omniprésents).

Or il n’est pas possible de déduire a priori d’une technologie nouvelle ses utilisations sociales. On sait que les usages initiaux envisagés lors de l’invention du téléphone avait été de retransmettre les pièces de théâtre ou d’opéra à distance (« théâtrophone »), que le minitel a été un succès en raison de l’explosion imprévue des sites de rencontres (« minitel rose »), que le téléphone portable considéré initialement comme un instrument professionnel est devenu un objet banal qui est possédé par les particuliers (et même les enfants), etc. A chaque fois, on peut vérifier qu’un nouveau média ne livre pas d’emblée toutes ses potentialités à la fois techniques et sociales. Les nouveaux usages sont souvent inventés, non pas par les acteurs dominants (trop attachés à l’ancien régime) mais par des individualités, souvent marginales, qui bricolent dans leur coin comme c’est le cas tout particulièrement d’internet, et inventent des usages sociaux qui se diffusent lorsqu’ils sont en phase avec l’état de la société et de ses besoins (c’est le cas par exemple de facebook qui crée et entretient des réseaux sociaux, des sites de rencontres qui sont comme appelés par une civilisation de plus en plus urbaine et individualiste, etc.). Les acteurs dominants prennent en quelque sorte le train en marche et essaient de conquérir, avec les moyens financiers dont ils disposent, le nouveau média (notamment en rachetant les sites qui marchent).

Quelques repères sur la question de l’information

Il est possible, en se limitant au seul domaine de l’information, de dresser un premier bilan, encore très provisoire, de la véritable révolution que la technologie d’internet est en train d’accomplir dans l’économie générale de la communication.

Trois remarques préalables sont nécessaires pour cadrer et délimiter nos observations.

- D’abord, Internet ne remplace pas la presse écrite et audiovisuelle, mais, en s’ajoutant à elle, exerce des effets de restructuration du champ de production de l’information. On peut d’autant moins évacuer les médias préexistants que non seulement ceux-ci ouvrent des sites sur le net mais que la publicité pour certains sites passe par la presse écrite ou audiovisuelle existantes.

- Ensuite, la puissance de ce moyen de communication dépend du nombre de ceux qui y ont accès. La télévision est devenue puissante progressivement, à mesure que les récepteurs équipaient les ménages. Il en va de même avec Internet . On estime, en 2008, à 60% le nombre de gens qui, professionnellement ou en privé peuvent se connecter à internet.

- Enfin, il convient de ne pas l’oublier, les usages d’Internet sont très divers. Socialement différenciés, ils obéissent aux lois générales de la diffusion culturelle. Ces usages dépendent de facteurs culturels et sociaux qui invitent à ne pas surévaluer les usages liés à la production-consommation d’informations. A l’encontre d’enthousiasmes démocratiques qui virent rapidement à la pure et simple idéologie (internet pour tous qui réglerait tous les problèmes), il faut rappeler que les moyens matériels, le temps disponible et les dispositions sociales sont diversement et inégalement distribuées et que la technologie, de surcroît, tend à creuser l’écart entre les plus aptes à s’en servir et ceux qui maîtrisent mal l’instrument. La « fracture numérique » – c’est-à-dire l’écart croissant entre les milieux sociaux sous ce rapport – n’est pas résorbée par la progression du taux d’équipement. Il reste que les usages qui s’inventent en permanence, même s’ils ne sont pas le fait de tous les internautes, préfigurent des changements de plus vaste ampleur que l’on peut essayer de pointer.

Une production-diffusion de l’information profondément modifiée

Internet présente des possibilités techniques nouvelles et spécifiques. En premier lieu, le coût de la communication sur internet est faible et, de plus, constamment décroissant, ce qui rend matériellement accessible au plus grand nombre la possibilité de créer et/ou de consommer en ligne une publication (site ou blog). Une publication en ligne sur internet ne coûte que le temps et la compétence de ceux qui la font alors qu’une publication papier a un coût de fabrication (papier et imprimerie) et un coût de diffusion (entre 30 et 40% du prix de la publication) suffisamment importants pour impliquer une mise de fonds initiale non négligeable qui suffit à décourager la plupart des projets éditoriaux. La diffusion sur Internet se distingue, de surcroît, de la diffusion aléatoire des supports sur papier, qui dépend du bon vouloir des diffuseurs et de la politique des distributeurs ou alors de l’efficacité d’un réseau de bénévoles ou de militants qui parvient à alimenter régulièrement quelques librairies spécialisées ou proposent leurs publications à toutes occasions (conférences débats, manifestations, etc.).

Cette facilité à communiquer se traduit par l’explosion des emails (les médiateurs constatent que le nombre d’emails qu’ils reçoivent s’accroissent fortement et que le courrier écrit par la poste tend à disparaître) et par la multiplication des sites dont la mise en réseau grâce aux liens et aux hypertextes permet d’aller très rapidement d’un site à un autre ou de se connecter à une base de données qui s’accroît de façon exponentielle sur Internet. On peut trouver aujourd’hui sur tous les sujets, de manière quasi instantanée, des informations sur tout. Internet est devenu une mémoire et une archive sans équivalant qui, de plus, est accessible très rapidement grâce aux moteurs de recherche. Ce média permet tous les formats (écrits, sons, vidéo) ce qui, pour la critique des médias, en fait un instrument utile au niveau de la mise en ligne mais aussi de la recollection des textes et des émissions de radio ou de télévision (archivage provisoire et gratuitement accessible des émissions, postcast), l’un des problèmes majeurs de la critique des médias étant de pouvoir arrêter le flux continu de l’information pour en faire l’analyse. Avec « internet 2.0 » qui permet l’interactivité, la circulation des messages tend à s’intensifier et à permettre des réactions en feed-back, affaiblissant la coupure émetteur/récepteur.

La réception et la consommation d’informations changent elles aussi. Internet donne lieu à de la consommation « à la carte » parmi les nombreux sites. Chacun se construit son parcours sur le net en fonction de ses intérêts et de ses demandes (par opposition aux journaux écrits qui chaque jour disent ce qui est l’information du jour. Par ailleurs, il est possible de consulter plusieurs sites de journaux et se faire sa propre revue de presse, comparer les informations de différents journaux, ce qui peux atténuer à terme la captation des lecteurs par un seul journal. La page internet est structurée différemment de la page imprimée, la hiérarchisation de l’information des journaux écrits avec le « 5 colonnes à la une » n’existant pas ou peu au profit d’une masse de titres sur lesquels l’internaute peut cliquer pour lire l’article de son choix.

Le rôle et les pratiques du journalisme se transforment. Internet bouscule les logiques de production. Des sites autonomes alimentés par des bénévoles, souvent très compétents dans leur domaine, créent de véritables médias qui concurrencent la presse écrite et audiovisuelle : celle-ci ne peut les ignorer. Les journalistes professionnels, par conséquent, tendent à perdre leur monopole de diffusion, c’est-à-dire le privilège de décider de ce qui doit être publié et mis en débat dans l’espace public. Mais ils perdent aussi leur pouvoir de censure, souvent beaucoup plus efficace que la censure qui s’exerce sur eux. En effet, les médias peuvent faire savoir qu’on les a censurés (ce qui revient à faire de la publicité sur ce qui a été censuré, ce dont ils ne se privent pas) alors que la censure qu’ils exercent (notamment en ce qui concerne les rectificatifs et les droits de réponse) est invisible. Désormais, il est possible de faire savoir sur le net ce que les journaux ont censuré (ou, à tort ou à raison, refusé de publier).

Le caractère instantané et libre de la mise en ligne accélère la production de l’information qui tend à se faire aujourd’hui quasiment en direct. Cette accélération n’est pas sans conséquences, quand on sait les effets que l’information sur un événement peut avoir sur l’événement lui-même et ses suites dès lors que celle-ci porte non pas sur un événement passé sur lequel il n’est plus possible d’agir mais sur ce qui est en train de se passer (par exemple une vidéo mise en ligne sur une intervention de police qui contredit la version policière immédiatement ; les vidéos sur les manifestations en Birmanie qui font connaître à la communauté internationale la répression en cours, etc.).

Un journal en ligne n’est pas la version papier en PDF car le caractère immatériel du journal appelle une permanente mise à jour, une réactivité constante. Les journalistes sont constamment devant leur écran à traiter les informations, à consulter les sites, etc. Le circuit de production n’est plus celui de la presse écrite (univers centralisé autour du rédacteur en chef qui décide de ce qui doit être publié, sous quelle forme, avec quel titre et à quelle place) : c’est un univers décentralisé, avec un espace sans limite (à la différence de la presse papier), chaque journaliste fonctionnant de manière autonome (parce qu’il faut faire vite et qu’on ne peut attendre une conférence de rédaction). Certains journalistes ont même créé leur blog qui tend à devenir un véritable petit journal ayant les avantages du net : immédiateté, liberté dans le choix des sujets, liberté de ton.

Cela dit, plusieurs problèmes se posent d’ores et déjà :

- Dans le vaste univers que constitue Internet, une place croissante revient aux fournisseurs d’accès, mais surtout aux moteurs de recherche. Le fonctionnement de Google pour l’instant, parce que c’est son intérêt, ne biaise pas trop les référencements. Mais les menaces que la publicité fait peser sur le système ne sont pas négligeables (on a signalé, ce qui reste anecdotique pour l’instant, que « madeleine » renvoie d’abord vers un fabricant de gâteaux et non à l’œuvre de Proust mais pourquoi faudrait-il qu’un moteur de recherche à vocation universelle satisfasse en priorité les lecteurs de Proust ?). Si des sites comme celui d’Acrimed, par exemple, arrivent en première page sur nombre de sujets (ce qui correspond à son contenu et au nombre de connexions au site), rien ne dit que cela sera durable compte tenu des pressions croissantes de la publicité et des capitaux en jeu.

- Les tentatives visant à constituer des « médias globaux » (dont Internet serait l’un des principaux vecteurs) adossés à des médias traditionnels (TF1, par exemple) risquent de s’avérer très puissantes : Internet n’est pas un espace libéré. Certes, face au renforcement avec des moyens importants, des sites de médias classiques et aux tentatives de constituer des « médias globaux », se multiplient les sites d’information (comme Agoravox, Rue 89, Bakchich, Médiapart, etc.). Dans cette compétition, rien n’assure que les seconds seront les vainqueurs. Rien n’assure que les projets participatifs et interactifs, quelle que soit la sincérité – parfois douteuse - de leurs auteurs, ne seront pas minés (quand ils ne le sont pas déjà) et progressivement absorbés par des logiques commerciales et des contraintes de rentabilité : voués, par conséquent, à disparaître ou à se recycler.

- La multiplication des supports non seulement n’est pas une garantie de la qualité des informations, mais elle transforme et aggrave les problèmes de leur vérification. Pourtant, affirmer, comme on l’entend encore souvent, que sur Internet la « rumeur » et la désinformation seraient omniprésentes, c’est non seulement invoquer un âge d’or des autres médias qui n’a jamais existé, mais défendre une reconversion du journalisme professionnel qui est loin d’avoir toujours fait ses preuves, au moment même où son quasi-monopole de production de l’information est ébranlé.

Raisons de plus pour informer sur l’information (son contenu et les conditions de sa production) : sur Internet comme ailleurs, conformément aux objectifs de notre association.

Patrick Champagne


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