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SUPERSTUDIO
est un groupe d’architectes qui fut fondé en 1966 à Florence par Adolfo
NATALINI et Cristiano TORALDO DI FRANCIA et dissout une dizaine d’année
plus tard.
Le
groupe réalisa notamment des éléments de mobilier mais surtout fut
remarqué pour sa publication de photomontages mettant en scène non pas
les édifices d’un projet réellement commandité mais d’ordre fictionnel.

CONTEXTE HISTORIQUE
POP ET ANNÉES 60
Comme leur contemporains, Yona FRIEDMAN, ARCHIZOOM, les japonais métabolistes, ils partent d’un constat d’échec de la ville moderne à concrétiser l’épanouissement social et culturel des individus.
Cette remise en cause se traduit par des explorations imagées et scenarisées autour de thèmes récurrents :
rapport
à la vie individuelle et collective (vie semi-autonome et nomade,
apport ponctuel au groupe ou au monde existant, ARCHIGRAM),
rapport
à la science et la technologie (quasi omniprésence des artefacts
(ARCHIGRAM) et de la megastructure comme base de développement chez
FRIEDMAN, ARCHIZOOM)
rapport à l’environnement existant urbain et naturel : il est conservé intact, on vient s’y plugger (intervention en lévitation; sous cloche), sa dimension chaotique est acceptée.
Ces images ont plus valeur de matière à réflexion, de support à débat, en vue de repenser la ville et la manière de la
produire qu’un désir de mise en application tel-quel, mais semblent jouer de cette double interprétation possibles.
Bien
qu’elles soient parfois drôles, enthousiastes et brutales, d’une
certaine façon, elles préfiguraient les interrogations d’aujourd’hui
(mondialisation des réseaux et communications virtuelles, flux
migratoires, variations démographiques, et extensions urbaines,
événementiels)

 
SUPERSTUDIO ET LA REMISE EN CAUSE DE L’ARCHITECTURE
FAILLITE DE L’UTOPIE MODERNE
NATALINI écrivait en 1971 :
«
…si le design est plutôt une incitation à consommer, alors nous devons
rejeter le design ; si l’architecture sert plutôt à codifier le modèle
bourgeois de société et de propriété, alors nous devons rejeter
l’architecture ; si l’architecture et l’urbanisme sont plutôt la
formalisation des divisions sociales injustes actuelles, alors nous
devons rejeter l’urbanisation et ses villes… jusqu’à ce que tout acte de
design ait pour but de rencontrer les besoins primordiaux. D’ici là, le
design doit disparaître. Nous pouvons vivre sans architecture. «
Associés à ce texte les photomontages produits n’apparaissent pas univoques.
En effet on se demande si les utopies proposées sont souhaitables ou non, porteuses d’espoir ou critiques.
L’obsession de la grille, utopie sans forme architecturale ou distopie?
Dans les visuels du « Monument Continu «,
l’architecture est réduite à une trame blanche abstraite et neutre,
répétée à l’infini, pure conception spéculative qui se mue parfois en
mega structure. Cette mise en volume minimaliste n’est pas sans
rappeler le goût moderne. Celle-ci tend à couvrir ainsi la terre tout
entière, en conservant toutefois certains témoignages terrestres
(littoral, morceaux de ville, collines, sol) qu’elle enserre
indifféremment.
Cela
signifie-t-il que finalement l’architecture importe peu et que l’homme
pourrait aisément s’approprier cette mégastructure colonisant le monde
comme dans non-stopcity d’ARCHIGRAM ou bien qu’au contraire
s’agit-il d’une critique de l’architecture des années 60 standardisée et
autiste à l’homme et son contexte, auto référentielle préfigurant une
uniformisation mondialisée des modes de vie?
Aucune
vue intérieure de la méga structure n’est proposée. La grille, pure
objet mental angoisse à la fois par sa logique implacable mais peut
aussi devenir le support de nouvelles formes de production et
d’appropriation comme le suggère la présence humaine. Serait-ce une
nouvelle table rase dans sa relation à son environnement?
L’ambiguïté entre grille bienfaisante, neutre ou maléfique demeure.
En conclusion, on pourra dire la grille cristallise des craintes toujours d’actualité.
Cette
opposition brutale entre trame silencieuse/existant recouvert et homme
semble signifier que le sujet essentiel, n’est pas la création
matérielle architecturale ou d’objet mais l’homme et son devenir en
question face à ce milieu entre neutre et mystique qui réinterroge les
normalités.
Si la mégastructure fait figure de «monument» par sa taille, quelles valeurs communes est-elle censée magnifier?
Ici,
aucune fonction propre ne transparaît, aucune référence n’est visible
si ce n’est celle du langage architectural moderne réduit à sa plus
simple expression.
La
mégastucture simpliste parcourant la terre relie physiquement et
culturellement les hommes, n’est-ce pas au risque que les cultures
locales se perdent?
Superstudio met l’architecte face à ses responsabilités :
«C’est le concepteur qui doit tenter de réévaluer son rôle dans le cauchemar qu’il a contribué à concevoir.»
BENOIT S.
”
…si le design est plutôt une incitation à consommer, alors nous devons
rejeter le design ; si l’architecture sert plutôt à codifier le modèle
bourgeois de société et de propriété, alors nous devons rejeter
l’architecture ; si l’architecture et l’urbanisme sont plutôt la
formalisation des divisions sociales injustes actuelles, alors nous
devons rejeter l’urbanisation et ses villes… jusqu’à ce que tout acte de
design ait pour but de rencontrer les besoins primordiaux. D’ici là, le
design doit disparaître. Nous pouvons vivre sans architecture. ”
Adolfo NATALINI, 1971
COOK, Peter, 1999 : Archigram, Princeton Architectural Press.
COOK, Peter, 1967 : Architecture: Action & Plan., London, Studio Vista, 1967.
COOK, Peter, 1970 : Archigram, London, Archigram Group, 1970.
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CHALK, Warren; COOK, Peter; CROMPTON, Dennis; GREENE, David; HERRON, Ron; & WEBB, Michael , 1964 : Archigram 4: Zoom Issue, 1964.
CHALK, Warren; COOK, Peter; CROMPTON, Dennis; GREENE, David; HERRON, Ron; & WEBB, Michael , 1964 : Archigram 5: Metropolis, 1964.
COOK, Peter (ed.); CHALK, Warren; CROMPTON, Dennis, 1965 : Archigram No. 6 (The Forties), 1965.
COOK, Peter (ed.); CHALK, Warren; CROMPTON, Dennis; HERRON, Ron; GREENE, David; & WEBB, Michael, 1966 : Archigram Seven: Beyond Architecture, 1966.
COOK, Peter (ed.); CROMPTON, Dennis; GREENE, David; HERRON, Ron; & TAUNTON, Geoff, 1968 : Archigram Eight: Popular Pak Issue, 1968.
COOK,
Peter (ed.); TAUNTON, Geoff; CHALK, Warren, CROMPTON, Dennis; GREENE,
David; HERRON, Ron; WEBB, Michael; & Envirolab, 1970 : Archigram Nine: Fruitiest Yet, 1970.
COOK, Peter; HERRON, Ron; JOWSEY, Diana; BORSTEIN, Naomi; & DE WITT, Kathy, 1974 : Archigram 9 ½, 1974.
NATALINI, Adolfo, 1980 : A city model for a model city; Architects: Adolfo Natalini, of Superstudio, in Daidalos no.4 June 15, 1982, p.81-85.
EISENMAN, peter, 1970 : Conceptual architecture: towards a definition, in Design Quarterly no.78-79 1970, p.1-66.
SUPERSTUDIO, 1969 : Projects and ideas of the group Superstudio of Florence, in Domus (479) October 1969, p.38-42.
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